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ASCO : le point sur les grandes avancées en cancérologie

Quelques jours après la clôture du congrès 2016 de cancérologie de l’ASCO, le Pr Christophe Le Tourneau revient sur les principales avancées dévoilées lors de cette grand-messe annuelle.

ASCO : le point sur les grandes avancées en cancérologie

>> L’immunothérapie "véritablement révolutionnaire"

Les premiers succès en immunothérapie, qui avaient déjà fait la une du congrès de l’ASCO les années précédentes, se confirment.

- Une étude confirme les bons résultats de l’immunothérapie dans le traitement des patients atteints de mélanome métastatique. Trois ans après les traitements, 40% des patients sont encore vivants. "Avec le recul disponible aujourd’hui, on peut imaginer que cette survie va se prolonger longtemps", estime le Pr Le Tourneau.

En savoir plus sur l’immunothérapie dans le traitement du mélanome

- Des essais d’immunothérapie pour d’autres types de cancers donnent également de premiers résultats intéressants. Cancers de la vessie, du poumon (à petites cellules), des surrénales, de l’estomac ou encore du système digestif sont ainsi concernés par des essais cliniques d’immunothérapie.  Le taux de réponse au traitement est souvent plus bas que pour le mélanome, entre 10% et 20%. En revanche, les patients pour lesquels le traitement fonctionne voient leur espérance de vie véritablement prolongée.

- Les chercheurs s’attachent aujourd’hui à comprendre pourquoi certains patients répondent mieux que d’autres à ces traitements. Plusieurs biomarqueurs sont en cours d’évaluation mais aucun n’est suffisamment sensible et spécifique pour être utilisé. Cette étape est cruciale "d’autant que les traitements coûtent cher, souligne le Pr Le Tourneau. Cela éviterait aussi bien entendu de donner un traitement inutile et potentiellement générateur d’effets secondaires aux patients."

- "Les défis des années à venir consisteront à définir de façon plus précise quels sont les patients susceptibles de répondre à ces traitements administrés en monothérapie, et quels sont les patients chez qui des associations seront nécessaires, que ce soient des associations de plusieurs immunothérapies ou avec des thérapies ciblées, des agents de chimiothérapie ou encore avec la radiothérapie", indique le Pr Christophe Le Tourneau.

Immunothérapie : les spécialistes de l’Institut Curie présentent leurs résultats à l’ASCO

 

>> L’innovation dans les traitements "classiques"

Les traitements plus classiques ne sont pas en reste en termes d’innovations.

- Le glioblastome est une tumeur du cerveau particulièrement agressive. Elle est souvent traitée par radiothérapie. Un essai européen de phase 3 vient de montrer un bénéfice pour ces patients lorsqu’on ajoute de la chimiothérapie.

En savoir plus sur cet essai glioblastome

- Une nouvelle association de chimiothérapie a également été testée, avec de bons résultats, pour le cancer du pancréas. "La combinaison du Gemzar et du Xeloda s’est avérée plus efficace que le Xeloda seul après chirurgie. Ces deux traitements ne sont pas nouveaux, mais leur association permet de diminuer un peu le risque de récidive", souligne le Pr Le Tourneau.

En savoir plus sur l’association de chimiothérapies pour traiter le cancer du pancréas

- Dans les cancers du sein, un vaste essai canadien confirme que, pour les femmes atteintes d’un cancer du sein hormono-sensible, poursuivre l’hormonothérapie pendant 10 ans au lieu de 5 augmente les chances de survie sans rechute. Par ailleurs, l’essai PALOMA2 a montré que l’association du palbociclib (un inhibiteur de CDK4/6) à une hormonothérapie de première ligne permet d’augmenter l’efficacité de cette dernière de façon importante.

En savoir plus sur l'essai cancer du sein et hormonothérapie

- Quant aux thérapies ciblées, une seconde génération de traitements est en train de voir le jour, dans l’optique de contourner les résistances aux premières thérapies ciblées. Les résultats préliminaires de l’essai MyPathway vont également dans le sens des résultats obtenus dans SHIVA, retrouvant des patients qui répondent à des thérapies ciblées en dehors de leurs indications sur la base d’altérations moléculaires détectées.

En savoir plus sur l’essai MyPathway

En savoir plus sur la médecine de précision

Vidéo : la médecine de précision

 

>> La santé connectée pour augmenter les chances de survie ?

"Le Dr Denis, de la clinique Victor Hugo au Mans, a montré comment les applications connectées peuvent changer la donne." Grâce à l’application Moovcare, des patients atteints de cancer du poumon énuméraient régulièrement leurs symptômes. Si ceux-ci pouvaient faire penser à une rechute, leur rendez-vous avec le médecin et le scanner pouvaient être avancés : les patients, détectés plus tôt, pouvaient plus facilement recevoir un nouveau traitement. Ainsi, 100% des rechutes ont été détectées grâce à l’appli, aboutissant pour le groupe test à un taux de survie de 25% supérieur au groupe témoin, qui n’utilisait pas la tablette.

En savoir plus sur l’application Moovcare

>> Et demain, les nanoparticules ?

Pour Christophe Le Tourneau, il existe de nombreuses autres approches thérapeutiques en cours d’évaluation. Le prochain congrès de l’ASCO pourrait bien faire la part belle à une autre approche porteuse d’espoir : les nanoparticules. "Il s’agit d’injecter directement dans la tumeur ces nanoparticules, qui vont démultiplier l’effet de la radiothérapie sur les cellules cancéreuses", détaille le médecin. Ainsi, non seulement la radiothérapie pourrait détruire de manière encore plus efficace les cellules cancéreuses, mais cela permettrait également d’en réduire les doses, permettant ainsi de préserver les tissus sains. L’Institut Curie dirige actuellement deux essais internationaux avec cette nouvelle approche, l’un dans les cancers ORL et l’autre dans les sarcomes.

En savoir plus sur l’essai Nanobiotix ORL

 

Crédit photo : DR et Noak / Le Bar Floréal / Institut Curie

Mathilde Regnault
13/06/2016