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Cancer du col de l’utérus : une campagne pour se mobiliser

Du 24 au 30 janvier 2016, la 10e Semaine du cancer du col de l'utérus est l'occasion de s'informer sur son dépistage et sa prévention. 

Cancer du col de l’utérus : une campagne pour se mobiliser

En partenariat avec le ministère de la Santé et les caisses d'assurance maladie, l’Institut national du Cancer (INCa) saisit l’occasion de la semaine européenne de dépistage et de prévention du cancer du col de l’utérus pour "remobiliser les femmes qui ne réalisent pas ou pas assez fréquemment de frottis, notamment les femmes de 45 à 65 ans", explique-t-il. La politique de santé est "dans une période de transition avant la mise en place d'un programme organisé qui s'appuie notamment sur une étude médico-économique de l'INCa montrant l’intérêt de cette future généralisation".

Le cancer du col de l'utérus est le 10e cancer le plus fréquent (8 % des cancers féminins) chez la femme en France. C'est l'un des seuls cancers pour lesquels, au fil des dernières années, le pronostic se dégrade en France avec un taux de survie à 5 ans en diminution. Malgré l'existence d'un dépistage efficace par le frottis, ce cancer gynécologique est en effet responsable de plus de 1 100 décès par an. Chaque année en France, environ 3 000 femmes apprennent qu’elles ont un cancer du col de l’utérus mais encore trop souvent diagnostiqué tardivement. Le taux des femmes participant au dépistage individuel par frottis stagne à 57 % des femmes de 25 à 65 ans depuis 2006 alors que l’objectif fixé par la loi de santé publique est de 80 %.

Le dépistage du cancer du col de l’utérus efficace par le frottis

Les études montrent pourtant qu'un dépistage régulier de toute la population-cible (les femmes âgées de 25 à 65 ans) permettrait d'en réduire l'incidence de plus de 90 %. Le frottis cervico-utérin est l’examen de dépistage de référence pour cet organe. « Il convient de rappeler que le dépistage par frottis permet de diagnostiquer et de traiter des étapes pré-cancéreuses ou des cancers de petites tailles avant même le ressenti par la femme de symptômes », explique Roman Rouzier, directeur médical thématique Sénologie et Gynécologie à l’Institut Curie, et professeur des universités (Université Versailles-St-Quentin-en-Yvelines). Cela permet des traitements plus légers et des chances de guérison plus fortes. Simple, rapide et indolore, il doit donc être proposé par le médecin traitant, le gynécologue, la sage-femme tous les trois ans (après 2 frottis normaux à 1 an d’intervalle), à toutes les femmes de cette tranche d’âge vaccinées ou non.

La consultation à l’initiative des femmes pour contraception, projet d’enfant… est l’occasion pour le professionnel de proposer ce test. Il est réalisé au cabinet médical, sans aucun préparatif ni ordonnance préalable. Chez son professionnel de santé, en secteur libéral, la patiente se voit souvent remettre le matériel prélevé (étalé sur une lame et protégé) à envoyer au laboratoire d’analyse recommandé par le professionnel. Le frottis peut également être réalisé à l’hôpital, dans un centre de planification, d’examens de santé ou centre de dépistage ou sur prescription médicale dans certains laboratoires d’analyse de biologie médicale. La prise en charge financière dépend du statut d’assurée et de la complémentaire de santé.

La patiente et son médecin reçoivent les résultats quelques jours plus tard. Les lésions provoquées par les HPV évoluent lentement (10 à 15 ans), aussi le frottis doit être réalisé y compris en l’absence d’activité sexuelle. Le taux de survenue de cancers du col utérin diminue très rapidement après 65 ans. C’est pourquoi le frottis ne doit plus être réalisé automatiquement : il est conseillé à certaines femmes en fonction de leur histoire personnelle et médicale. Le dépistage des lésions du col de l’utérus va donc être progressivement généralisé selon un calendrier par région. Les femmes concernées recevront chez elles une invitation à faire pratiquer gratuitement le frottis, comme c’est déjà le cas pour le dépistage du cancer du sein ou celui du cancer du côlon, que reçoivent également les hommes après 50 ans. 

Une prévention du cancer par la vaccination

"Quant à la prévention primaire par vaccination, elle permet à la fois d'éviter les cancers et les étapes pré-cancéreuses", poursuit le Pr Roman Rouzier. Cette stratégie de prévention est en place depuis 2013 en France via une vaccination anti-HPV. En effet, les papillomavirus humains (HPV) entraînant une infection sexuellement transmissible constituent 10 à 15 ans plus tard, la cause principale des cancers du col de l’utérus. Elle est aujourd’hui proposée aux jeunes filles à partir de l'âge de 11 ans et avant tous rapports sexuels. La vaccination contre certains HPV responsables de 70% des cancers du col de l’utérus doit être complétée à partir de 25 ans par le frottis.

En Europe, certains pays comme le Royaume-Uni, la Norvège, les Pays-Bas ont mis en place des programmes scolaires de vaccination chez les jeunes filles, d’autres proposent également la vaccination pour les garçons ce qui permet d’atteindre des taux de couverture élevés.

"Ce double dispositif contre le cancer du col de l’utérus est celui qui a le plus d'impact sur l'amélioration de la survie", conclut le Pr Roman Rouzier. 

 

Texte: Nathalie Oudar
Crédit photo: Inca

Mathilde Regnault
21/01/2016