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Cancer du col de l’utérus : l’expertise de l’Institut Curie

La Semaine de vaccination et de dépistage du cancer du col de l'utérus est l'occasion de passer en revue ce qui se fait à l’Institut Curie tant en matière de prise en charge des patientes que du côté recherche fondamentale, pré-clinique ou clinique. 

Cancer du col de l’utérus : l’expertise de l’Institut Curie

Cancer du col de l’utérus : les traitements proposés à l’Institut Curie

Selon l’état d’avancement du cancer, les options thérapeutiques proposées aux patientes sont le laser, la chirurgie, la radiothérapie et/ou la curiethérapie et la chimiothérapie. Toutes ces thérapies sont disponibles à l’Institut Curie sur ses deux sites à Paris comme à l’Hôpital René-Huguenin à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine). "A l’Institut Curie, où une centaine de patientes sont accueillies chaque année, nous essayons au maximum de préserver la fertilité des femmes en âge d’avoir des enfants, en ne retirant qu’une partie du col et non tout le corps de l’utérus", précise le Pr Roman Rouzier.

Cancer du col de l’utérus : les innovations cliniques

Plusieurs études cliniques sont en cours à l’Institut Curie, pilotées par les spécialistes de cette pathologie comme des essais randomisés ou des études prospectives en imagerie, biologie moléculaire, chirurgie ou chimiothérapie pour identifier les associations de thérapies et leurs modalités les plus efficaces.

Côté thérapie ciblée, le Cetuximab a été testé chez les patientes atteintes d’une forme avancée de cancer du col de l’utérus. L’essai clinique multicentrique français de phase II piloté par l’Institut Curie a évalué l’intérêt d’administrer le Cetuximab en sus du traitement classique (chimiothérapie et une radiothérapie complétée par une curiethérapie). "Après deux ans de suivi, le cetuximab ne semble apporter aucun bénéfice en termes de survie sans progression de la maladie chez les patientes, déclare le Dr Anne de la Rochefordière, onco-radiothérapeute à l’occasion de la parution des résultats dans la revue Clinical cancer Research en 2015. En revanche, nous avons mis en évidence que la présence d’altérations, jouant un rôle dans l’angiogenèse et la cancérogénèse, était associée à un mauvais pronostic. Dans notre étude, cette altération semble conférer une résistance tant au traitement classique qu’au traitement associé au Cetuximab." Les résultats de cet essai clinique confirment la nécessité d’identifier des biomarqueurs prédictifs de l’évolution tumorale mais aussi de la sensibilité aux traitements administrés.

L’Institut Curie a également lancé l’essai clinique RAIDs, en France et dans six autres pays d’Europe. Le profil moléculaire des tumeurs de 700 femmes atteintes de cancer du col est étudié pour, à terme, leur proposer un traitement personnalisé. Ce 1er essai européen de médecine de précision sur les cancers du col de l’utérus entend en effet de « découvrir de nouvelles thérapies ciblées pour améliorer la prise en charge des femmes atteintes de ce cancer », rappelle le biologiste Franck Perez, chef de l’équipe Dynamique de l'organisation intracellulaire.

"Quant à la vaccination et au dépistage, nous avons également une étude en cours, précise le Pr Roman Rouzier, pour évaluer la couverture par vaccination et la couverture par frottis en Ile-de-France. Les résultats préliminaires (non encore publiés) montrent des inégalités et ce travail permettra de mieux les quantifier pour proposer des mesures correctives. Ce double dispositif contre le cancer du col de l’utérus est celui qui a le plus d'impact sur l'amélioration de la survie", conclut-il.

 

Texte : Nathalie Oudar

Crédit photo : Thibaut Voisin / Institut Curie 

Mathilde Regnault
29/01/2016