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Cancer : de l’importance des soins de support

Traitements contre la douleur, soins psycho-corporels, réadaptation fonctionnelle, conseils nutritionnels, accompagnement psychologique ou social… Plus tôt le patient est pris en charge, plus le bénéfice sera important. Focus sur les soins de support à l’occasion de leur congrès national.

Cancer : de l’importance des soins de support

"Intégration précoce des soins oncologiques de support : faisabilité et impacts." Tel est le sujet du congrès que co-président, du 12 au 14 octobre 2016 à Paris, le Dr Carole Bouleuc, chef du département interdisciplinaire de soins de support pour le patient en oncologie (Disspo), et Véronique Tual, cadre de santé infirmier au département de Chirurgie oncologique de l’Institut Curie.

"Des arguments solides nous poussent à renforcer en France l’organisation de prises en charge globales les plus précoces possibles en vue d’améliorer encore la qualité de vie et la durée de survie lors des maladies métastatiques. On peut imaginer que l’application précoce conjointe des soins spécifiques du cancer et des soins oncologiques de support apporte également un meilleur taux de guérison et un "après-cancer" amélioré", expliquent les deux co-présidentes du 8e Congrès national des soins oncologiques de support.

A l’Institut Curie, les soins de support sont d’ailleurs présentés aux patients dès les consultations infirmières du dispositif d’annonce de diagnostic et d’annonce de plan de traitement, et à nouveau lors de la mise en route du dispositif de surveillance après les traitements. C’est un atout de précocité.

« L’Institut Curie a créé en 2005 le premier hôpital de jour de soins de support et de soins palliatifs », complète le Dr Carole Bouleuc. Au-delà des traitements contre la douleur, de la réadaptation fonctionnelle, de conseils nutritionnels, d’un accompagnement psychologique ou social, une offre de soins psycho-corporels - comme l’hypnose, la sophrologie ou l’auriculothérapie… - est également disponible pour les patients de l’Institut Curie.

Du temps avec le patient

Les consultations infirmières d’annonce de traitement, chirurgical ou médical, sont un véritable atout pour le patient. "Elles permettent aux soignants de consacrer du temps au patient pour lui expliquer ce qui va se passer ; reprendre avec lui les éléments transmis mais pas toujours compris en consultation médicale. On peut montrer au patient une canule, un PAC (port-à-cath), des sous-vêtements spéciaux pour les patientes avec une prothèse mammaire, parcourir des photos, des dessins explicatifs", précise Véronique Tual.

C’est également le temps de la mise en place d’un suivi précoce sur le plan nutritionnel par exemple : le suivi du poids ou de la prise alimentaire calorique sont des éléments essentiels à suivre chez tout patient pris en charge pour un cancer. "On peut alors réagir très précocement : par exemple, en chirurgie digestive à l’Institut Curie, les aides-soignantes complètent le suivi des patients hospitalisés sur l’aspect nutrition/alimentation avec une pesée quotidienne du patient et une feuille de suivi d’alimentation", indique Véronique Tual.

Que le reste à charge diminue encore

"Une intégration réussie des soins de support suppose de mettre en place en France un dispositif de repérage en temps réel des besoins des patients, dont les modalités sont à définir en particulier en ce qui concerne les outils de télémédecine", réclame le Dr Bouleuc dans le cadre de ce congrès de l’Association française des soins oncologiques de support (Afsos). "Les méthodes de concertation entre équipes et celles de la coordination avec les acteurs de soins en ville doivent être mieux formalisées. Il faut créer le modèle économique permettant de financer les soins de support non remboursés afin que le reste à charge diminue encore."

La culture des soins de support et des soins palliatifs, le principe de leur légitimité, l’information sur leur existence… Tout cela est acquis. Les spécialistes estiment qu’il faut maintenant s’organiser à plus grande échelle et hiérarchiser les priorités. "Nous avons encore une belle marge d’amélioration en France quant aux soins de support pour les patients après cancer, notamment avec l’implication des services sociaux, des coordinations de parcours de soins en ville, des réseaux territoriaux qui sont en pleine fusion. Une patiente un peu âgée et diabétique peut, après son traitement anticancéreux, être confrontée à 3 réseaux ! Il faut simplifier cela pour être plus réactifs encore", conclut Véronique Tual.

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Texte : Nathalie Boissière

Crédit photo : Uriel Chantraine / Institut Curie

Mathilde Regnault
13/10/2016