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Cancer du poumon : un médicament d’immunothérapie autorisé aux Etats-Unis

Les Etats-Unis viennent d’accélérer la mise sur le marché d’un nouveau traitement d’immunothérapie mais pour certains types de cancers du poumon métastasés. La raison : une efficacité plus importante que le traitement de référence.

Cancer du poumon : un médicament d’immunothérapie autorisé aux Etats-Unis

La chose est assez rare pour être soulignée : aux Etats-Unis, un essai clinique a été arrêté plus tôt que prévu, pour cause d’efficacité ! L’essai concerne un traitement d’immunothérapie testé auprès de patients atteints de cancers du poumon non à petites cellules. Lors de l’essai randomisé qui permettait de le comparer au traitement de référence pour ce type de cancer, une chimiothérapie classique par docétaxel, l’Opdivo® (nivolumab) a augmenté la survie médiane des patients de plus de trois mois. C’est pourquoi la Food and Drug Administration (FDA) a accéléré la procédure de mise sur le marché, qui a été obtenue le 4 mars dernier.

Pour le Dr Christophe Le Tourneau, responsable des essais précoces à l’Institut Curie, "cette décision n’est pas très surprenante. Cet agent était déjà approuvé pour le traitement des mélanomes et les essais de phase I avaient déjà retouvé une efficacité importante pour ce type de cancer du poumon. Ces données avaient été présentées lors du dernier congrès de l’Asco (la Société américaine d’oncologie clinique, NDLR), en juin dernier". Aux Etats-Unis, le nivolumab peut donc désormais être utilisé en seconde intention dans le traitement du cancer du poumon non à petites cellules métastatique, lorsque le traitement de première intention ne fonctionne plus. En France, il dispose depuis le début de l’année d’une autorisation provisoire de mise sur le marché lorsque deux autres types de traitement ont échoué.

La nivolumab est un agent de type "anti-PD1". Son action consiste à bloquer le mécanisme cellulaire induit par les cellules tumorales pour empêcher le système immunitaire de se défendre contre elles. Ce même type d’agent semble se révéler également efficace dans d’autres types de cancers, notamment ORL, urothéliaux, gastriques, etc. Dr Le Tourneau est le coordinateur français d’un essai de phase III international qui compare l’efficacité d’un anticorps cette même classe à une chimiothérapie standard chez des patients ayant un cancer ORL en récidive après échec d’une première ligne standard. "Je suis convaincu qu’en ORL aussi, cette classe de médicament tiendra une place importante dans un futur proche", conclut le Dr Le Tourneau.


En savoir plus

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Assister au Mardi de l’Institut Curie  "Immunothérapie : la révolution attendue" le 17 mars prochain 18h à 20h, Amphithéâtre Constant-Burg, Institut Curie, 12, rue Lhomond, Paris 5e

 

Crédit photo : Noak / Le Bar Floréal / Institut Curie

Mathilde Regnault
13/03/2015