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Deux projets de recherche clinique récompensés

Les projets de recherche clinique des Drs Irène Kriegel et François-Clément Bidard décrochent un programme hospitalier de recherche clinique inter-régional (PHRC-I).

Deux projets de recherche clinique récompensés

Les programmes hospitaliers de recherche clinique inter-régionaux (PHRC-I) sont délivrés au nom du ministère de la Santé pour favoriser financièrement des projets de recherche clinique associant plusieurs établissements et dont la finalité est l’amélioration de l’état de santé des patients par le diagnostic et le traitement. Deux PHRC-I viennent d’être remportés par le Dr Irène Kriegel, anesthésiste-réanimatrice, chef de service déléguée de l’hôpital de jour de chirurgie, et le Dr François Clément Bidard, praticien spécialiste en oncologie médicale et chercheur à l’Institut Curie.

Programme Pedialock sur les chambres à cathéter

En cancérologie, les chambres à cathéter implantables sont désormais indispensables à la prise en charge des enfants, tout au long de la maladie cancéreuse. Ce fin tuyau introduit dans une veine facilite l’administration des médicaments nécessaires au traitement des enfants avec le maximum de sécurité. Il permet ainsi de préserver les veines de leurs bras. En effet, certains traitements comme la chimiothérapie, la nutrition parentéale ou des antibiotiques peuvent en effet être toxique localement. Parfois, la mise en place de ce cathéter s’impose car l’enfant est très "difficile à piquer". Dans tous les cas, il permet de faire des prises de sang sans avoir besoin de piquer les veines.

C’est dire l’intérêt d’un tel dispositif. Il est par ailleurs "primordial de faire le maximum pour éviter les infections liées aux cathéters. Tel est l’objectif premier du PHRC-I Pedialock*", explique son pilote, le Dr Irène Kriegel. Ces infections sont difficiles à traiter et s’accompagnent de complications médicales non négligeables : choc septique, retard de traitement anticancéreux, augmentation du nombre et de la durée des hospitalisations, changements douloureux, dangereux et couteux de matériels.

Le deuxième objectif est l’harmonisation des pratiques de prévention au sein des réseaux  oncologiques de prise en charge pédiatrique. Les mesures de prévention, la qualité des soins, l’homogénéisation des pratiques et les changements de comportement dans un environnement contrôlé et sécurisé sont la pierre angulaire de la diminution du risque infectieux. Menée conjointement à l’Institut Curie, à Gustave-Roussy (Villejuif), à l’Hôpital Pellegrin (Bordeaux) et à l’AP-HP (les hôpitaux Robert-Debré et Armand-Trousseau), « cette étude associe les poseurs de dispositifs, les pédiatres, les oncologues et les soignants utilisateurs de chambres à cathéter posées chez des enfants, adolescents et jeunes adultes atteints de cancer », poursuit l’anesthésiste-réanimatrice.

Elle vise également à évaluer la résistance à la taurolidine,  cet antiseptique utilisé dans la prévention des infections bactériennes liées que les spécialistes appellent "verrou", afin d’étudier pour améliorer la sécurité d’utilisation du produit à long terme et ses effets secondaires.

L’étude CirCA-01-Cell pour les femmes BRCA1

La détection des cellules tumorales circulantes (CTC) par simple prise de sang pourrait être un atout dans le suivi des femmes porteuses d’une mutation BRCA1 et dont le risque de développer un cancer du sein et/ou de l’ovaire est élevé. Si l’efficacité d’une telle détection était confirmée chez ces femmes à risque, la détection de CTC pourrait renforcer leur surveillance médicale. Cela pourrait changer la donne lorsqu’il s’agit d’envisager une chirurgie prophylactique mammaire et/ou ovarienne. "Le programme CirCA-01 Cell mènera à une estimation de la sensibilité et de la spécificité de ce test sanguin vis-à-vis d’une évolution tumorale chez les femmes à risque, explique le chercheur et oncologue médical François-Clément Bidard. C’est d’autant plus intéressant qu’il s’agit d’une simple prise de sang, très facilement acceptable par la plupart des femmes."
Cette étude sur les CTC viendra compléter une étude déjà en cours à l’Institut Curie sur l'ADN tumoral circulant (circulating tumor DNA, ctDNA). Dans le cas de pathologie tumorale, l’ADN tumoral circulant correspond aux fragments d’ADN, circulant dans le plasma sanguin et provenant des cellules tumorales. Le ctDNA ne représente qu’une fraction limitée de l’ADN total circulant et sa détection nécessite des techniques particulièrement sensibles et spécifiques. "Nous allons utiliser une étude clinique lancée fin 2014 pour tester la validité clinique de la détection des cellules tumorales circulantes pour "dépister" précocement les éventuels cancers naissants chez les patientes à risque", poursuit le Dr Bidard. Cela permettra d’utiliser le dispositif déjà en place et d’avoir une comparaison directe entre la valeur diagnostique précoce des CTC et du ctDNA pour l’apparition de nouveaux cancers chez des femmes porteuses d’une mutation constitutionnelle de BRCA1.

* Pedialock : pour pédiatrie et lock (verrou en anglais)

En savoir plus

La recherche clinique à l’Institut Curie 

Le département d’Anesthésie-réanimation Douleur 

Le département d’Oncologie médicale de l’Institut Curie 

Equipe Biomarqueurs tumoraux circulants du département de Recherche translationnelle 

Texte : Alice Devaux

Crédit photo : Uriel Chantraine / Institut Curie

Mathilde Regnault
24/02/2016