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Diagnostic moléculaire: un outil précieux contre les cancers de l'enfant

L’Institut Curie réalise plus de 1 400 portraits moléculaires par an, en particulier pour des cancers pédiatriques. Grâce à ce diagnostic ultraprécis, qui consiste à analyser les altérations génétiques de la tumeur, les jeunes patients bénéficient des traitements les plus adaptés à leur situation. Le modèle plus que centenaire de l’Institut Curie, alliant un Centre de Recherche et un Ensemble Hospitalier dédié à la lutte contre le cancer, fait ainsi une fois de plus la preuve de sa pertinence.

Cet article vous est présenté à l'occasion de la Journée internationale du cancer de l'enfant.

Diagnostic moléculaire: un outil précieux contre les cancers de l'enfant

1977-2017. Cela fait 40 ans que l’Institut Curie a ouvert son service de pédiatrie, une spécialité qui reste au cœur des priorités du projet d’établissement MC21 de l’Institut. Il prend en charge en charge environ 300 jeunes patients chaque année, au sein de son unité dédiée aux plus petits ou de celle réservée aux adolescents et jeunes adultes. De longue date, son centre de recherche a aussi contribué à des avancées majeures dans la connaissance et le traitement des cancers pédiatriques. C’est le cas des des travaux d’Olivier Delattre, qui a mis en évidence les anomalies génétiques en cause dans les sarcomes d’Ewing, tumeurs osseuses qui touchent les enfants et adolescents, et dans plusieurs autres cancers. De telles découvertes permettent une meilleure prise en charge des enfants atteints de cancer, notamment grâce aux progrès du diagnostic moléculaire, qui distingue des tumeurs en apparence similaires et qu’on aurait auparavant traitées selon le même protocole. "Les tumeurs, par nature, sont difficiles à distinguer. C’est encore plus vrai chez l’enfant : les cellules cancéreuses qui se multiplient très rapidement ressemblent fort à leurs cellules normales, en pleine croissance, explique Gaëlle Pierron, responsable adjointe de l’unité de génétique somatique de l’Institut, aux côtés d’Olivier Delattre. Le diagnostic moléculaire constitue alors une signature précise et irréfutable du cancer.

"Tous âges confondus, il existe plus de 100 types différents de sarcomes, qui font parfois appel à des traitements très différents. Il est donc important de poser le bon diagnostic pour offrir le traitement adapté, explique Olivier Delattre. À la pointe des technologies de séquençage et d’analyse du génome, l’Institut Curie est capable de diagnostiquer précisément tous les cancers pédiatriques, jusqu’aux plus rares et plus complexes, ajoute Gaëlle Pierron,. Tous les enfants soignés à l’Institut bénéficient de ce diagnostic moléculaire, mais en tant que centre de référence, 90 % de notre activité vient de l’extérieur. Nous traitons environ 1 400 dossiers par an, qui peuvent nécessiter plusieurs analyses et que nous nous efforcons de réaliser dans des délais courts, pour ne pas retarder la prise en charge."

De nouveaux espoirs

Afin de limiter les gestes invasifs et pour répondre à la problématique des prélèvements de très petite taille, l’Institut Curie développe des pistes innovantes, comme l’étude de l’ADN circulant. Dès l’apparition d’une tumeur, des fragments de son ADN peuvent se retrouver dans la circulation sanguine. Le cancer peut alors être identifié précisément à partir d’une simple prise de sang. Irène Jimenez, du département de recherche translationnelle en oncologie pédiatrique, vient de lancer une étude nationale prospective afin d’établir la faisabilité et la pertinence d’un diagnostic moléculaire chez des enfants atteints de tumeurs rénales à partir de ces "biopsies sanguines".

Pour qu’un plus grand nombre d’enfants tire le meilleur parti de ces nouveaux outils, l’Institut souhaite également faire mieux connaître son expertise : "L’analyse moléculaire constitue désormais une approche indispensable qui vient compléter les autres analyses.Il est important que les médecins sachent qu’ils peuvent nous adresser les prélèvements au plus tôt", explique encore Gaëlle Pierron.

 

Texte: Valérie Devillaine

Crédits photos : Noak / Le Bar Floréal / Institut Curie et Christophe Hargoues / Institut Curie

Mathilde Regnault
09/02/2017