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Jean-Louis Viovy : ses contributions au diagnostic par électrophorèse récompensées

Miniaturiser, automatiser, simplifier... Pour améliorer le diagnostic et le choix des traitements en cancérologie et dans d’autres pathologies, tels sont les mots qui guident les recherches de Jean-Louis Viovy depuis des années. Une persévérance et des découvertes que viennent de saluer ses pairs.

Jean-Louis Viovy : ses contributions au diagnostic par électrophorèse récompensées

C’est au cours du congrès annuel de la Société américaine d’électrophorèse (AES), le 16 novembre 2016, que Jean-Louis Viovy, directeur de recherche CNRS à l’Institut Curie, s’est vu remettre le "Lifetime Achievement Award" pour ses contributions exceptionnelles à cette technologie qui permet de séparer et de caractériser des molécules en biologie. Soumises à un champ électrique dans un liquide ou un gel, les molécules migrent différemment suivant leur charge et leur taille. C’est sur ce principe que repose l’électrophorèse. Cette méthode d’analyse est un des outils quotidien de la biologie, permettant d’identifier et de quantifier un grand nombre de molécules. C’est aussi grâce à l’électrophorèse qu’a été déchiffré pour la première fois le génome humain. L’équipe de Jean-Louis Viovy a contribué à améliorer et miniaturiser cette technologie, pour des applications en biologie et en diagnostic.

EMMA, pour détecter les prédispositions aux cancers du sein et de l’ovaire

L’équipe a en particulier développé, en collaboration avec le service de génétique de l’Institut Curie une méthode de détection des prédispositions génétiques au cancer, EMMA (Enhanced Mismatch Mutation Analysis®).  Commercialisée par la société Fluigent, EMMA était parfaitement adaptée à la recherche de mutations inconnues sur des gènes multiples ou de grande taille, ce qui correspond exactement à la recherche de la première mutation dans une famille identifiée comme à risque. Avec EMMA, les résultats de l’analyse ont pu être rendus en une à deux semaines, contre plusieurs mois auparavant. Aujourd’hui, cette technique est remplacée par le séquençage de nouvelle génération, plus coûteuse mais permettant d’analyser en une seule fois une multiplicité de gènes, mais elle a pendant plusieurs années permis d’accélérer le rendu de diagnostic pour plusieurs milliers de patientes de l’Institut.

La microfuidique : nouveau challenge

Depuis, Jean-Louis Viovy et son équipe Macromolécules et Microsystèmes en Biologie et en Médecine (CNRS/UPMC/IPGG/Institut Curie) ont rejoint l’Institut Pierre-Gilles de Gennes, entièrement dédié à la microfuidique, l’une des dix disciplines qui changeront le monde au 21e siècle. "Les systèmes dits "microfluidiques" sont dans notre domaine l’équivalent de ce qu’ont été les circuits intégrés et les microprocesseurs pour l’électronique et l’informatique", explique Jean-Louis Viovy. Ils permettent de miniaturiser et d’automatiser les analyses, soit pour accéder à de grandes densités d’information comme par exemple pour les analyses génomiques à grande échelle (les nouvelles technologies de séquençage qui ont remplacé EMMA sont elles-mêmes des technologies microfluidiques !), soit pour effectuer des analyses rapides au lit des patients. Ils permettent également de collecter des informations inaccessibles aux méthodes conventionnelles, au niveau des cellules et des molécules individuelles. Un domaine plein de promesses dans lequel l’équipe MMBM a été une pionnière dès les années 2000, et jouit d’une forte reconnaissance internationale.

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Texte : Céline Giustranti

Crédit photo : Cécile Charré / Institut Curie

Mathilde Regnault
29/11/2016