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Une nouvelle preuve de la valeur pronostique des CTC

Reconnus internationalement pour leur expertise sur les cellules tumorales circulantes, les médecins de l’Institut Curie étendent encore les possibilités de ce formidable biomarqueur. Cette fois-ci, ce sont les patientes atteintes d’une des formes les plus agressives de cancer du sein qui pourraient en bénéficier. 

Une nouvelle preuve de la valeur pronostique des CTC

Les cancers du sein inflammatoires ne représentent que 2 % des cancers du sein. Ils présentent d’emblée des signes d’inflammation de la peau du sein et se caractérisent par une forte agressivité. Dans un tiers des cas, la patiente est déjà porteuse de métastases au moment du diagnostic. En conséquence, le pronostic de ce cancer du sein est beaucoup plus défavorable que celui des autres formes de tumeurs mammaires.

"En amont de la chirurgie, toutes les patientes atteintes de cette forme très agressive de cancer du sein reçoivent une chimiothérapie néo-adjuvante afin de réduire les risques de rechutes et de dissémination, explique François Clément Bidard. Malgré tout, le risque de rechute reste non négligeable."

A ce jour, il n’existe aucun moyen de distinguer les patientes qui vont récidiver des autres. "L’un des objectifs de l’essai clinique Berverly 2 était de rechercher des biomarqueurs pronostiques chez ces patientes", ajoute Jean-Yves Pierga, chef du département d’Oncologie médicale et professeur à l’Université Paris-Descartes. Cet essai, promu par Unicancer et coordonné par le Pr Patrice Viens de l’Institut Paoli-Calmettes à Marseille, vise à évaluer une nouvelle association de chimiothérapies néo-adjuvantes (l’antiangiogénique bevacizumab associé aux chimiothérapies classiquement utilisées et à l’anticorps trastuzumab) lors de la prise en charge des patientes atteintes de cancers du sein inflammatoires sur-exprimant HER2.

"En parallèle, nous avons quantifié les cellules tumorales circulantes (CTC) présentes dans le sang chez ces patientes au moment du diagnostic", rapporte François-Clément Bidard. Avant de s’implanter dans un nouvel organe pour former des métastases, les cellules tumorales quittent en effet la tumeur d’origine et circulent dans l’organisme : ce sont des cellules tumorales circulantes. Les repérer permettrait de détecter précocement les patients présentant un risque de développer des métastases ou de rechuter. "C’est ce que l’on montre aussi dans le cadre de l’essai Berverly, remarque Jean-Yves Pierga. En réalité, la prise en compte de deux critères, la présence ou non de CTC au moment du diagnostic et la réponse de la tumeur à la chimiothérapie, permet d’isoler une population qui correspond à 40% des patientes dont la survie est très élevée et le taux de rechute très faible." Il s’agit désormais de proposer aux autres femmes – les 60% de patientes qui ont un fort taux de rechute – des stratégies thérapeutiques plus intensives. Des discussions sont actuellement en cours afin de mettre au point un essai clinique adapté pour cette population de patientes.

 

En savoir plus

Pathological response and circulating tumor cell count identifies treated HER2+ inflammatory breast cancer patients with excellent prognosis: BEVERLY-2 survival data

Jean-Yves Pierga, Thierry Petit, Christelle Lévy, Jean-Marc Ferrero, Mario Campone, Joseph Gligorov, Florence Lerebours, Henri Roché, Thomas Bachelot, Emmanuelle Charafe-Jauffret, Jacques Bonneterre, Juana Hernandez, François-Clément Bidard, Patrice Viens

Clinical Cancer Research, 2014 Dec 23. pii: clincanres.1705.2014.

Mieux comprendre les cancers du sein inflammatoires

Les cellules tumorales circulantes

 

Texte: Céline Giustranti

Crédit photo: Pedro Lombardi / Institut Curie

Mathilde Regnault
26/01/2015