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Oncogénétique : davantage de consultations en 2014

Les consultations en oncogénétique ont le vent en poupe. L’augmentation des consultations en oncogénétique enregistrée en 2013 se confirme en 2014, annonce l’Institut national du cancer (Inca) dans son récent rapport sur l’activité en oncogénétique.

Oncogénétique : davantage de consultations en 2014

Mai 2013 : Angelina Jolie annonce avoir subi une double mastectomie, dans le but de réduire un risque très élevé de développer un jour un cancer du sein. En cause, une mutation du gène BRCA, qui a déjà emporté plusieurs femmes de sa famille, dont sa mère. Suite à cette annonce ultra-médiatisée, les demandes de consultation en oncogénétique avaient littéralement explosé, y compris en France. Ces consultations permettent en effet, pour les personnes dont plusieurs membres de la famille ont été touchés par un cancer spécifique, de rechercher une éventuelle prédisposition génétique. Quelque 80 gènes sont identifiés aujourd’hui, qui influencent notamment le risque de développer un cancer du sein, de l’ovaire ou un cancer digestif. Cela représente environ 5% des cancers dépistés. Détecter cette prédisposition permet ensuite de mettre en place un suivi adapté.

Au-delà de la médiatisation de ces consultations liée à l’annonce de l’actrice américaine, le nombre de consultations grimpe régulièrement depuis 2003, grâce notamment à un dispositif bien organisé : 130 sites de consultation sont répartis dans 90 villes de France métropolitaine et d’Outre-Mer.  25 laboratoires prennent en charge la réalisation des tests génétiques prescrits lors des consultations. En 2014, quelque 56 897 consultations ont ainsi été réalisées sur l’ensemble du territoire français, contre 48 434 en 2013, soit une augmentation de 18%.

L’Institut Curie dispose d’une consultation en oncogénétique, dont le bilan 2014 vient également de paraître. Au total, 3260 consultations ont été réalisées : 2800 concernaient des prédispositions potentielles aux cancers du sein et de l’ovaire, 200 les cancers digestifs, 150 les cancers pédiatriques et 110 d’autres types de cancers. C’est presque un tiers des consultations oncogénétiques réalisées en Ile-de-France.

Seul écueil : les délais pour obtenir un rendez-vous. A l’Institut Curie, il faut compter 3 à 4 mois, comme sur tout le territoire. Un temps qui peut paraître long, mais qui s’explique par la très forte progression des demandes (+10% par an en moyenne, tous les ans depuis 2003). Pour tenter de réduire ce délai, l’Institut créera prochainement ou participera à la création de consultations dans les hôpitaux franciliens, en déléguant éventuellement un médecin formé à l’oncogénétique, un conseiller en génétique et des ressources pour le bon fonctionnement.

Quant aux délais pour les analyses en laboratoire, ils se sont stabilisés malgré l’augmentation du nombre de consultations, mais reste longs : entre 31 et 33  semaines pour les cancers du sein et des ovaires ou le syndrome de Lynch par exemple.

 

En savoir plus

Inca : synthèse de l’activité en oncogénétique en 2014

Laëtitia : "Pourquoi j’ai choisi la mastectomie préventive"

 

Crédit photo : Christophe Hargoues / Institut Curie

Mathilde Regnault
26/01/2016