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La protéine responsable de la maladie de Huntington impliquée dans les tumeurs mammaires

Connue pour son implication dans la maladie de Huntington, une pathologie neurodégénérative, la protéine huntingtine mutée est également impliquée dans la progression et l’agressivité des tumeurs mammaires. Tel est le résultat des études menées par l’équipe de Sandrine Humbert (Inserm/Institut Curie), publié dans le EMBO Molecular Medicine du 9 janvier.

La protéine responsable de la maladie de Huntington impliquée dans les tumeurs mammaires

A première vue, difficile de faire un rapprochement entre la maladie de Huntington, une maladie génétique neurodégénérative qui se déclenche autour de la quarantaine, et le cancer du sein. Et pourtant : une équipe de l’unité Signalisation, neurobiologie et cancer vient de montrer que la même protéine à l’origine de la maladie neurodégénérative est exprimée dans les tissus mammaires sains ainsi que dans les tumeurs mammaires. Mieux : "L’expression de la huntingtine mutante dans les tumeurs mammaires rend la tumeur plus agressive, en particulier parce que celle-ci développe davantage de métastases", complète Sandrine Humbert, directrice de recherche Inserm et chef de l’équipe Huntingtine, neurogénèse et cancer.


A l’origine de cette particularité : le lien entre la protéine huntingtine et le récepteur HER2. Placées à la surface de la cellule, les protéines HER2 maintiennent l’équilibre entre multiplication, division et réparation cellulaires.  "Notre travail établit que la protéine huntingtine mutante interfère avec le bon fonctionnement du récepteur HER2, provoquant ainsi son accumulation au niveau de la membrane, précise Sandrine Humbert. Cette accumulation active des voies de signalisation induisant des métastases."

Pour parvenir à cette conclusion, l’équipe de chercheurs, en collaboration avec des médecins de l’Institut Curie et de la Pitié-Salpêtrière, a travaillé à la fois sur des modèles de souris combinant l’affection neurodégénérative et un cancer du sein et sur des cellules. L’approche cellulaire a permis de montrer l’effet de la huntingtine sur la sévérité du cancer en induisant une suractivation de la voie de signalisation HER2. La protéine huntingtine mutante perturbe la fonction d’une autre protéine, la dynamine, ce qui conduit à une accumulation du récepteur HER2 à la surface de la cellule.

"Grâce à ces nouvelles données, nous allons examiner de manière plus précise les tumeurs de patientes atteintes de la maladie de Huntington, explique Sandrine Humbert. Nous pourrons ainsi déterminer si effectivement ces dernières doivent bénéficier d’un suivi particulier. […] Pour autant, nous ne pouvons conclure à une plus forte incidence de la survenue de cancers du sein chez les femmes atteintes de la maladie de Huntington. Des études cliniques récentes suggèrent même le contraire. Par contre, lorsqu’un cancer du sein se déclare, il pourrait être, dans certains cas spécifiques, plus agressif." En parallèle, les chercheurs souhaitent étudier le rôle de la protéine huntingtine normale dans le cancer du sein.

 

En savoir plus

Le site de l’Unité Signalisation, neurobiologie et cancer

 

Lire le communiqué de presse

 

 Crédit photo : C. Moreira Sousa / Institut Curie et Pedro Lombardi / Institut Curie

Mathilde Regnault
10/01/2013