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Retour au travail après un cancer : une étape essentielle

Retrouver son travail et ses collègues après une longue maladie est souvent un moment de joie et de soulagement pour les anciens patients, mais cette réinsertion professionnelle peut se révéler plus difficile qu’on ne l’imagine.

Retour au travail après un cancer : une étape essentielle

Près de 350 000 personnes sont touchées par le cancer chaque année en France, dont 100 000 ont une activité professionnelle. Après la maladie et les traitements, le retour au travail fermerait la parenthèse pour retrouver la vie d’avant. Et pourtant, il n’est pas toujours chose facile. Une enquête [1] réalisée à l’Institut Curie sur les répercussions du cancer sur la vie professionnelle le montre : "Si 8 salariés sur 10 retravaillent après un cancer, la moitié d’entres eux disent rencontrer des difficultés. Environ 20 % des salariés disent même avoir été pénalisés dans leur emploi à cause de leur maladie", déclare le Dr Bernard Asselain, un des auteurs de cette étude.

"La question recouvre un ensemble de situations variées, ajoute Monique Sevellec, psychosociologue à l’Institut Curie et coauteure de l’étude. Alors que 27 % des salariés ont poursuivi leur activité professionnelle au cours des traitements, 79 % ont repris leur activité professionnelle dans les deux ans suivant le diagnostic. Ce taux est variable selon la localisation du cancer : s’il est de 92 % pour les cancers du sein, de 78 % pour les cancers de la prostate, il n’est que de 38 % pour les cancers du poumon. Les cadres supérieurs reprennent le travail le plus rapidement (50 % dans les 4 mois suivant le diagnostic), tandis que les employés et ouvriers ont une médiane de reprise de 10 mois."
Une vie normale 

Le retour dans le monde professionnel est un moment attendu par de nombreux patients, car il signe le retour à une vie "normale". Mais les premiers temps sont fortement imprégnés d’inquiétudes légitimes et marqués par une plus grande fatigabilité, des douleurs, des troubles de la mémoire et de la concentration, effets secondaires reconnus des traitements. "Il y a un double enjeu social et psychique, souligne Monique Sevellec, car le travail aide à retrouver une place, à être un acteur dans la société."

D’ailleurs, les Français, interrogés lors d’un sondage [2] mené pour l’Institut Curie, désignaient à 30 % cette réinsertion professionnelle comme la principale difficulté rencontrée par les personnes guéries d’un cancer.

Pourtant, ces difficultés peuvent être limitées par une plus grande anticipation et une meilleure préparation de ce retour, avec l’équipe soignante et la médecine du travail, le médecin traitant, les collègues, la hiérarchie et les ressources humaines de l’entreprise.

 

En savoir plus

Tous les chiffres du Baromètre cancer 2013

[1] « Répercussions du cancer sur la vie professionnelle : étude réalisée auprès de 402 salariés en île-de-France ». M Sevellec, MF Bourillon, S. Le Bideau, H Stakowski, N. Le Peltier, E. Morvan, L. Belin, B. Asselain.

[2] baromètre Institut Curie – Viavoice 2013 effectué par téléphone du 8 au 15 juin 2013, auprès d’un échantillon de 1 008 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Mathilde Regnault
23/01/2014