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SCANDARE : un pas de plus dans la médecine de précision

Alors que l’Institut Curie est déjà un acteur principal dans le domaine de la médecine de précision, il anticipe l’avenir en lançant l’étude SCANDARE. Objectif : intégrer, en plus des altérations moléculaires de la tumeur, le microenvironnement et les paramètres immunitaires dans l’analyse de la tumeur.

SCANDARE : un pas de plus dans la médecine de précision

Les nouvelles connaissances sur la génomique et l’immunologie des cancers ont amené à de nouvelles approches thérapeutiques. Certaines caractéristiques moléculaires sont essentielles pour prédire l’efficacité des thérapies ciblées. Dans le domaine de l’immunothérapie, la médecine de précision en est à ses balbutiements, puisque nous ne sommes pas encore capables de prédire à l’avance qui sont les 20 % de patients qui répondront à ces traitements. « L’heure est à la médecine de précision en cancérologie, explique le Pr Christophe Le Tourneau, responsable des essais précoces à l’Institut Curie. La médecine de précision repose aujourd’hui principalement sur un diagnostic moléculaire des tumeurs, mais l’intégration de paramètres immunologiques est essentielle. Nous pensons que c’est l’intégration des paramètres génomiques et immunologiques qui permettront de mieux prédire quels sont les patients qui répondront aux thérapies ciblées ou aux immunothérapies, voire même à la chimiothérapie et à la radiothérapie. »

L’étude SCANDARE, pilotée par Christophe Le Tourneau, Emanuela Romano et Maud Kamal, a été conçue en ce sens. Elle répond à deux priorités du programme médico-scientifique de l’Institut Curie : la médecine de précision et l’immunothérapie des cancers.

SCANDARE : une banque de données pour certaines tumeurs

Jusqu’à présent, la médecine de précision était principalement focalisée sur les altérations des gènes pour le choix des stratégies thérapeutiques. Avec SCANDARE, les spécialistes de l’Institut Curie veulent intégrer de nouvelles dimensions : l’environnement tumoral et la réponse immunologique. En effet, de plus en plus d’études montrent l’impact de ces deux facteurs dans le développement tumoral et la réponse aux traitements, que ce soient les thérapies ciblées ou les immunothérapies. Les cellules tumorales ne sont en effet pas isolées au sein de l’organisme. Elles interagissent avec leurs voisines – fibroblastes, cellules immunes, etc. – ce qui a un impact sur son extension et la réponse aux traitements.

« Dans le cadre de SCANDARE, nous envisageons d’étudier les liens entre les caractéristiques génomiques de la tumeur, son microenvironnement et les paramètres immunologiques, précise le médecin-chercheur. Dans un premier temps, nous allons analyser ces paramètres de façon prospective à partir de prélèvements de patients traités par chirurgie avec ou sans chimiothérapie néo-adjuvante pour des cancers du sein triple négatif, de l’ovaire, de la tête et du cou. »
Les objectifs de SCANDARE sont multiples…

  • Définir la composition du micro-environnement tumoral et la communication entre les différentes cellules avant et après les traitements
  • Décrypter les liens entre le profil moléculaire de la tumeur, le micro environnement et les cellules immunitaires
  • Analyser l’impact des paramètres du micro-environnement sur la réponse et la sensibilité au traitement
  • Etablir les liens entre l’hétérogénéité temporelle et spatiale des tumeurs et l’activation du système immunitaire
  • Evaluer la valeur prédictive des biomarqueurs circulants sur la sensibilité ou la résistance des tumeurs

Avec SCANDARE, l’Institut Curie fait un nouveau pas dans le domaine de la médecine de précision. Aux données génomiques devraient s’ajouter à terme des biomarqueurs immunologique ou relatif au microenvironnement tumoral pour décrire la tumeur, voire choisir les stratégies thérapeutiques. SCANDARE a reçu un soutien important du SIRIC.

 

En savoir plus

Le site du SIRIC

 

Texte : Céline Giustranti
Crédit photo : Noak / Le Bar Floréal / Institut Curie

Mathilde Regnault
19/01/2017