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Et si les Dbait augmentaient aussi l’efficacité de la radiofréquence ?

Après avoir fait leurs preuves pour augmenter l’efficacité de la radiothérapie, les molécules Dbait, découvertes par Marie Dutreix à l’Institut Curie, semblent aussi pouvoir être combinées à la radiofréquence pour traiter les tumeurs dans le foie.

Et si les Dbait augmentaient aussi l’efficacité de la radiofréquence ?

Tuer les cellules tumorales sous l’action de la chaleur : tel est le principe de la radiofréquence. Avec une simple aiguille, le radiologue diffuse des hautes fréquences directement dans les tumeurs, ce qui génère la chaleur qui va détruire les cellules tumorales. "C’est une alternative à la chirurgie, notamment pour le traitement des métastases hépatiques survenant chez les patients atteints de cancer du côlon", souligne la chercheuse Marie Dutreix, chef de l’équipe Recombinaison, réparation et cancer : de la molécule au patient. Toutefois, à la périphérie de la tumeur, la chaleur est insuffisante pour induire la mort des cellules. Résultat : l’efficacité de la radiofréquence décroît avec la taille de la tumeur. Ce constat a amené la chercheuse de l’Institut Curie à se demander si les petites molécules Dbait qu’elle a conçues ne pourraient pas booster l’effet de la radiofréquence. L’intérêt de de cette approche thérapeutique a été souligné par un article publié dans la même revue par un oncologue interventionnel dans la rubrique "Science to Practice". 

Dbait, des molécules qui leurrent les cellules

Le principe de ces molécules est de "tromper" les cellules tumorales, et uniquement les cellules tumorales, en leur faisant croire que suite au traitement par radiothérapie ou autre, elles sont plus endommagées qu’elles ne le sont réellement. Dans sa dernière publication dans Radiology, l’équipe de Marie Dutreix montre que les molécules Dbait ajoutées à la radiofréquence accroissent la destruction des cellules tumorales et donc l’effet du traitement dans un modèle préclinique de cancer du côlon. "Les molécules Dbait sensibilisent les cellules tumorales à l’action de la chaleur ; elles améliorent ainsi l’effet de la radiofréquence et élargissent son action aux zones plus périphériques de la tumeur", explique la chercheuse. Les études doivent désormais se poursuivre pour qu’à terme débute un essai clinique. Cette étape devrait bénéficier du fait qu’une molécule de la famille Dbait est déjà utilisée dans un essai clinique. "Issue de la collaboration entre Curie-Cancer et DNA Therapeutics, la première molécule basée sur la technologie Dbait, nommée DT01, est actuellement évaluée, en association avec la radiothérapie, dans une étude clinique de phase I, chez une vingtaine de patients atteints de mélanome métastatique résistant à la chimiothérapie, ajoute Marie Dutreix. Et les premiers résultats sont encourageants."

 

Pour en savoir plus

L’essai clinique sur les cancers résistants aux traitements conventionnels

En vidéo : le reportage du magazine de la santé de France 5

Colorectal cancer metastasis: the DNA repair inhibitor Dbait increases sensitivity to hyperthermia and improves efficacy of radiofrequency ablation, Devun F, Biau J, Huerre M, Croset A, Sun JS, Denys A, Dutreix M, Radiology 2014 ; 270(3):736-46. doi: 10.1148/radiol.13130805. 

Science to Practice: Why Debate the Role of Dbait for Improving Tumor Ablation?
S. Nahum Goldberg, Radiology. 2014; 270(3):635-637.

 

Texte : Céline Giustranti

Crédit photo : Christophe Hargoues / Institut Curie

Mathilde Regnault
28/05/2014