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Travail et cancer : des conseils d’experts

Préparé, aidé et réfléchi, le retour au travail peut bien se passer. Découvrez les conseils de plusieurs experts de la question.

Travail et cancer : des conseils d’experts

Anne-Sophie Tuszynski, cofondatrice de l’association Cancer@work

  • Anticiper. Il faut préparer ce retour dès le début de la maladie, même si ce n’est pas simple et qu’on a d’autres choses à penser.
  • Se faire aider. Selon les entreprises et la situation, on peut se tourner directement vers son manager ou vers le médecin du travail, le responsable de la mission handicap, ou, quand il n’en existe pas comme dans les petites entreprises, vers des organismes d’aide collectifs (assistante sociale de votre établissement de soins, de la Caisse d’Assurance maladie, Cap Emploi…).
  • Faire entrer la maladie dans l’entreprise. A priori, elle n’y existe pas : soit on est malade et en arrêt, soit on est au travail donc on est guéri. Mais le cancer devient une maladie chronique et c’est une variable comme une autre à prendre en compte dans les stratégies managériales. Il faut en parler pour lutter contre les images négatives et les peurs qu’il véhicule et inciter son entreprise à poser le sujet du cancer et du travail pour passer d’une logique de gestion de ces situations au cas par cas à une égalité de traitement de l’ensemble des salariés confrontés à la maladie.

 

Pascale Breton, coach certifiée, spécialiste de la transition de carrière

  • Prendre tout le repos nécessaire, sans se mettre la pression ("mes collègues ont besoin de moi"), en prévoyant une période de convalescence. C’est dans cet "oeil du cyclone", après la fin des traitements et avant la reprise, qu’on peut prendre le temps de remettre son corps et son esprit "à niveau".
  • Ecouter les messages de son corps. Quand on est en bonne santé, on ne le fait pas, mais la maladie nous met face à nos limites. Il faut apprendre à reconnaître nos facteurs d’anxiété, les signes de fatigue… Et préférer faire une pause de 2 minutes plutôt que de risquer une décompensation.
  • Garder le contact avec l’entreprise, pas forcément avec son patron, mais avec un collègue de confiance, par exemple, même de manière ténue. Cela permet de se tenir au courant des évolutions : nouveaux produits, nouvelles méthodes de travail… 

 

Catherine Tourette-Turgis, fondatrice de l’Université des patients, Université Pierre-et-Marie-Curie.

  • Valoriser ce qu’on a appris au décours de l’expérience de la maladieLa maladie est l’occasion de nouveaux apprentissages et donc de développement personnel. On apprend de fait à savoir prendre des décisions en situation d’incertitude, à envisager différemment ses relations aux autres. On peut prendre une feuille de papier et lister toutes les compétences acquises en termes de savoirs, savoir-faire et savoir-être et voir ensuite comment les transférer au monde du travail
  • Réfléchir à ce qu’on veut faire et avec qui. La maladie modifie le rapport à l’activité professionnelle. On recherche des activités plus valorisantes, plus signifiantes, plus porteuses de valeurs humaines, tout en restant dans un univers compétitif si on le désire, car on sait faire face à l’adversité !
  • Faire de l’expérience de sa maladie un nouveau métier. Cela rejoint les deux idées précédentes : certains malades en rémission viennent se former à l’Université à l’éducation thérapeutique. Ils transforment leur vécu du cancer en compétences à transmettre à d’autres malades. Ils acquièrent des compétences en communication utiles à leur entreprise et à la société toute entière.

 

En savoir plus

Emission "Faut-il tout dire aux patients ?" du 10 octobre sur Radio Curie  

Emission "Seuls contre la maladie" du 16 octobre sur Radio Curie 

Le site de l'association Cancer@Work 

Le site de Universe and you, société spécialisée dans la transition de carrière après le cancer 

Le site de l'Université des patients 

 

Texte : Valérie Devillaine

Crédi photo : Phovoir

Mathilde Regnault
12/03/2014