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Travail et cancer : un dispositif pour aider les anciens patients

Aider les anciens patients à reprendre leur activité professionnelle après la maladie est l’un des grands enjeux du 3e Plan cancer. Depuis un an, l’Institut Curie a mis en place un dispositif pour accompagner les anciens patients dans cette reprise. 

Travail et cancer : un dispositif pour aider les anciens patients

La reprise du travail est un moment souvent apprécié par les anciens patients, car il représente leur retour à une vie « normale ». Mais cette reprise peut aussi être source d’inquiétudes. Fatigue, douleurs… Les anciens patients, et leurs employeurs, ne sont pas toujours préparés à ces difficultés. Le risque est alors grand pour le patient de "culpabiliser si on lui fait sentir qu'il n'a pas été assez courageux ou d’avoir un sentiment d'inutilité s’il est mis à l'écart", souligne le Dr Laure Copel, cancérologue au sein du Département interdisciplinaire des soins de support à l’Institut Curie.

En réponse à ces constats, Monique Sévellec, psychosociologue à la Maison des patients et des proches de l’Institut Curie à Saint-Cloud, a conçu un livret, en collaboration avec des médecins du travail et la Caisse régionale d’assurance maladie d’Île-de-France (Cramif). Ce document réunit des témoignages de salariés, des conseils et des informations pratiques pour aider les patients à anticiper ces difficultés, à en prendre conscience et à trouver les aides disponibles. Aménagements de poste, temps partiel, rôle de la médecine du travail, place du médecin traitant... Il s’adresse également aux employeurs, car le retour d’un travailleur dans de bonnes conditions est un bénéfice pour l’entreprise.

Un dispositif d’accompagnement sur-mesure[1] a été également mis en place en collaboration avec Géraldine Deblaye, coach professionnel : "Il peut consister en un ou deux entretiens individuels ou prendre la forme d’une série de sept ateliers en petits groupes, étalés sur 3 ou 4 mois pendant la période de convalescence, quand la personne a fini ses traitements et se remet doucement sur le chemin du travail." "Le travail en groupe permet de se nourrir les uns des autres, dans un cadre confidentiel et de non-jugement concrétisé par une charte signée au début des ateliers", ajoute Monique Sévellec.

Les deux femmes organisent également régulièrement des réunions d’information, en présence d’anciens patients et d’un représentant de la Cramif pour rappeler les aides disponibles.

La réinsertion professionnelle nécessite un engagement collectif – du salarié, de son équipe soignante, du médecin du travail et des ressources humaines de son entreprise – et elle doit se préparer dès le diagnostic.

 

En savoir plus

Découvrir le livret "Retour au travail"

Texte : Valérie Devillaine

Crédit photo : Noak / Le Bar Floréal / Institut Curie

 


[1] Le dispositif pilote d’accompagnement a pu exister grâce au mécénat de la fondation Dominique et Tom Alberici.

Mathilde Regnault
03/02/2014