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Travail et cancer : ils témoignent

Retrouver une activité, des collègues, une place dans la société après le cancer est souvent un moment attendu par les patients, mais le vécu ne correspond pas toujours à leurs attentes, comme en témoignent trois anciennes patientes.

Travail et cancer : ils témoignent

 "Quand je suis revenue à mon travail après “seulement” deux mois d’arrêt, ma collègue avait complètement réaménagé notre bureau, je lui ai demandé si elle m’avait cru morte..." Les témoignages comme celui d’Élisabeth Breuillot, ancienne patiente, ne manquent pas. Beaucoup d’anciens malades du cancer peinent à reprendre leur activité professionnelle après les traitements. À cela plusieurs raisons. La perception sociale du cancer, encore souvent assimilé à un voyage sans retour, en est une qui mérite d’être combattue.

En cause aussi, un manque de connaissance ou de bonne volonté quant aux aménagements possibles en termes de poste et de temps de travail, comme le souligne Rose : "J’ai dû batailler fort, et pendant presque trois ans, pour conserver et remanier mon poste dans la même entreprise. “Si tu ne peux plus faire complètement, alors tu ne peux plus rien faire et nous nous séparerons de toi”, me disait-on. La preuve est aujourd’hui faite que ce n’était pas la seule issue."

Même une fois guéri, le cancer laisse des traces, qui ne se voient pas toujours : "Opération, médicaments, radiothérapie… J’ai été arrêtée pendant plus d’un an et demi, rapporte Anne, une autre patiente. Quand je suis revenue alors que mes cheveux avaient repoussé, que je n’avais plus ce teint verdâtre, mes collègues pensaient que tout allait bien. Et je croyais moi-même la parenthèse refermée, mais non. J’étais encore très fatiguée, j’avais des douleurs, des troubles de la mémoire, de la concentration." Et si Rose n’a pas été arrêtée, "hormis de petites pauses", les séquelles des traitements et l’accumulation de deux cancers successifs "avaient beaucoup diminué [sa] “résistance”". C’est pourquoi le retour au travail doit se préparer dès l’annonce du diagnostic et nécessite la participation de tous : patients, médecins, employeurs. "Nous avons appris tous les deux, mon employeur et moi, que l’invalidité ne rend pas inapte… Mais sur fond de conflit malheureusement", commente encore Rose.

 

Texte : Valérie Devillaine / Institut Curie

Crédit photo : Phovoir

Mathilde Regnault
31/01/2014