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Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les cancers digestifs

A l’occasion de Mars bleu, le mois de mobilisation contre le cancer colorectal, l’Institut vous en dit plus sur les cancers digestifs. D’incidences variables, les cancers digestifs progressent, principalement en raison de l’augmentation de l’incidence du cancer colorectal. Etats des lieux des pathologies digestives en France, de la prévention, des traitements disponibles et des avancées de la recherche.

Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur les cancers digestifs

Etat des lieux et prise en charge

En 2011, 548 patients ayant un cancer digestif ont été pris en charge à l’Institut Curie et 516 interventions de chirurgie digestive ont été effectuées. Des chiffres en progression puisque la diversification et le développement de la prise en charge des cancers digestifs est un axe stratégique du projet de l’Ensemble Hospitalier. Cette volonté part aussi du constat que le nombre de cancers digestifs augmente en France.

Avec environ 41 150 nouveaux cas estimés en 2012 en France dont 55 % survenant chez les hommes, le cancer du colorectal se situe, tous sexes confondus, au troisième rang des cancers les plus fréquents après le cancer de la prostate et celui du sein, et le deuxième en termes de mortalité après le cancer du poumon. La majorité des nouveaux cas de cancer du côlon-rectum surviennent chez les personnes âgées de 50 ans et plus. Évoluant souvent dans un premier temps sans symptômes, le cancer colorectal est de ce fait diagnostiqué parfois tardivement et nécessite alors des traitements lourds. La survie nette diminue avec l’âge du diagnostic ; elle est en moyenne de 59% à 5 ans.

  • Le cancer du pancréas est plus fréquent chez l’homme que chez la femme et survient le plus souvent entre 70 et 80 ans Plusieurs facteurs de risque sont évoqués sans pour autant être clairement désignés à ce jour : le tabagisme, une consommation élevée d’alcool, la présence d’une obésité, d’un diabète ou encore d’une inflammation chronique (pancréatite chronique) semblent augmenter le risque.
  • Comparées aux autres pays européens, l’incidence et la mortalité par cancer de l’estomac sont faibles en France. L’incidence de ce cancer a été divisée par deux en 30 ans. Des progrès réalisés au niveau de la prise en charge diagnostique et thérapeutique mais aussi de l’hygiène alimentaire ont pu favoriser l’amélioration de la survie, même si ce cancer reste de mauvais pronostic.
  • Concernant à 80% des hommes, les tumeurs du foie surviennent le plus souvent au cours de l’évolution d’une maladie chronique du foie comme une cirrhose ou une hépatite B ou C, et dans de rares cas sur un foie sain. Le cancer de l’oesophage survient dans 3 cas sur 4 chez des hommes, le plus souvent âgés de plus de 50 ans.
  • Le cancer du canal anal est désormais considéré dans 80% à 85 % des cas comme induit par le papillomavirus humain (HPV). Le virus de l’immunodéficience humaine acquise (VIH) augmente l’incidence des cancers du canal anal, qui elle-même augmente régulièrement depuis 25 ans. 1000 nouveaux cas sont dénombrés chaque année (1). Les deux-tiers des personnes atteintes ont plus de 65 ans, avec une nette prédominance féminine. Dans la population infectée par le VIH (2), le cancer de l’anus est le 3ecancer le plus fréquent chez l’homme et le 7e chez la femme.
  • D’incidence rare – environ 1 % des cancers digestifs–, les tumeurs neuroendocrines constituent un groupe hétérogène de cancers, aux localisations diverses ; l’intestin grêle, le côlon, le rectum et le pancréas sont les organes les plus souvent touchés. Leur incidence augmente régulièrement depuis les années 1980.  

 

(1)     Abramowitz, Rev Epidemiol Sante Publique 2010

(2) Lanoy E et al. “The spectrum of malignancies in HIV-infected patients in 2006 in France : The ONCOVIH study.” International Journal of Cancer. Volume 129 pages 467–475, 2011 July 15.

 

(1)     Abramowitz, Rev Epidemiol Sante Publique 2010

(2) Lanoy E et al. “The spectrum of malignancies in HIV-infected patients in 2006 in France : The ONCOVIH study.” International Journal of Cancer. Volume 129 pages 467–475, 2011 July 15.

 

Crédit photo : Phovoir