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Ruban Rose : le Grand prix à Anne Vincent-Salomon

En plein coeur d'Octobre rose, mois de sensibilisation à la lutte contre le cancer du sein, le Dr Anne Vincent-Salomon, pathologiste et chercheuse, vient d'être récompensée par l’association "Le cancer du sein parlons-en !".

Ruban Rose : le Grand prix à Anne Vincent-Salomon

Issue d’une lignée de médecins, Anne Vincent-Salomon, qui a reçu le 10 octobre dernier le prix Ruban rose 2012 pour ses recherches, ne cache pas son admiration pour la figure maternelle, médecin du travail, pionnière, dynamique et passionnée par son métier. Des traits de caractères dont Anne Vincent-Salomon a hérité. Une histoire de génétique sans doute, mais pas seulement ! Difficile pour elle de raconter de manière linéaire son parcours professionnel tant il est riche en rebondissements.

Avec enthousiasme, elle évoque comment elle a embrassé la carrière médicale, portée par la soif de se rendre utile, notamment envers les femmes. C’est en effectuant un stage chez une pathologiste renommée dans le domaine du cancer du sein qu’elle décide de poursuivre sa carrière dans un centre de lutte contre le cancer et de se concentrer sur la pathologie mammaire.

 

Un engagement au service des femmes

 

A l’Institut Curie, Anne Vincent-Salomon peut profiter d’un environnement à la fois scientifique et médical où recherche clinique et recherche fondamentale occupent une place cruciale. Une aubaine pour cette pathologiste qui poursuit désormais une thèse de sciences, encouragée et dirigée par le Dr Olivier Delattre. Les découvertes scientifiques sont au rendez-vous : elle montre, sur le plan moléculaire, que les cancers sont hétérogènes dès les premiers stades de la maladie. Puis, elle s’intéresse au pronostic des cancers du sein de petite taille : pourquoi, alors que tous les signaux biologiques utilisés en routine "ont au vert", les patientes font-elles une rechute cinq à dix ans plus tard ? Elle montre alors avec ses collègues, Nadège Gruel, Vanessa Benhamo, Gaëlle Pierron, Virginie Raynal et Jaydutt Bhalshankar (Unité Génétique et biologie des cancers), l’existence d’une signature génétique associée à ces mauvais pronostics : plus le nombre de dégâts observés sur les chromosomes est important, moins le pronostic est bon. Cette signature a depuis été validée comme un marqueur pronostic plus efficace que l’analyse histologique dans certaines formes de cancers du sein très fréquentes, en particulier celles issues du dépistage.

Grâce à ce Grand prix de la recherche du Ruban rose, qu’elle dédie à ses collègues et tout particulièrement Nadège Gruel et Olivier Delattre ainsi qu’aux pathologistes qui lui permettent de prendre ce temps recherche, Anne Vincent-Salomon pourra notamment financer le bioinformaticien du groupe pour plusieurs mois supplémentaires.

Débordante d’énergie, elle explore d’autres voies pour mieux comprendre la formation des tumeurs mammaires : elle est ainsi la pathologiste française référente pour le programme européen de séquençage des tumeurs (programme ICGC). En tirant parti des collections de tumeurs de l’Institut Curie et d’outils mathématiques très sophistiqués, ce travail a déjà montré que la résistance des tumeurs aux traitements était liée à leur hétérogénéité cellulaire. "L’avenir est sans aucun doute dans la combinaison de thérapies ciblées pour traiter une même tumeur", s’enthousiasme Anne Vincent-Salomon. Pour celle qui, à 18 ans, s’imaginait médecin dans l’humanitaire, son engagement est désormais tout entier dédié à la cause des femmes atteintes de cancer. 

 

Crédit phoot : Pedro Lombardi/Institut Curie

 

Mathilde Regnault
11/10/2012