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Aurèle Piazza reçoit le Prix Alexandre Joël de la fondation ARC

En plus du financement de sa 4e année de thèse par la fondation ARC, Aurèle Piazza, doctorant à l’Institut Curie, vient d’être récompensé par cette même fondation pour la qualité de sa présentation scientifique sur des structures particulières de l'ADN, appelées G-quadruplexes.

Aurèle Piazza reçoit  le Prix Alexandre Joël de la fondation ARC

 Une thèse de science se déroule sur 3 ou 4 années, des années importantes car elles marquent le début de la carrière de ces jeunes chercheurs. Parfois, pour finaliser le travail entrepris, des organismes comme la fondation ARC attribuent aux jeunes chercheurs de qualité un financement pour réaliser une année de thèse supplémentaire. Aurèle Piazza en a ainsi bénéficié. Un coup de pouce bénéfique pour ce jeune scientifique puisqu’il vient de publier de nouveaux résultats dans Plos Genetics sur le rôle des G-quadruplexes dans l’instabilité génétique chez un modèle d’étude pour les biologistes, la levure S. cerevisiae.

 

Retour sur une découverte

L’équipe d’Alain Nicolas (Unite Dynamique de l'information génétique: bases fondamentales et cancer - UMR3244 CNRS / UPMC)- dans laquelle Aurèle Piazza effectue sa thèse - étudie chez une levure modèle des séquences d’ADN humain particulièrement "à risque" de réarrangements. "Ces séquences peuvent être à l’origine de pathologies comme le cancer", explique le chef d’équipe.

Dans la publication dans Plos Genetics (1) dont il est le premier auteur, Aurèle Piazza a mis en évidence que certaines séquences minisatellites humaines (hRAS1, hCEB1 et hCEB25) induisent spontanément de grands réarrangements chromosomiques. "Et nous avons aussi identifié les causes de ce comportement qui peut induire une fragilité du génome ; l’une d’elles est la capacité de ces séquences minisatellites à former des structures inhabituelles de l’ADN appelées G-quadruplexes", ajoute le jeune chercheur. Ces structures à quatre brins, formées par l’interaction de 4 guanines et leur empilement, sont extrêmement stables. Elles peuvent donc interférer avec la réplication de l’ADN, un processus dont la fidélité est cruciale pour le maintien de la stabilité de l’information génétique. Suivant l’orientation du minisatellite sur le chromosome, celui-ci peut stimuler la perte d’ADN à l’extrémité du chromosome ou stimuler des réarrangements chromosomiques plus complexes. Ces travaux suggèrent que ce type de séquence minisatellite pourrait entraîner des remaniements chromosomiques spontanés ou induits par l’inactivation fortuite des gènes de stabilité. Elles seraient ainsi à l’origine de pathologies et de cancers. Des travaux dont l’explication sous forme de poster a valu le Prix Alexandre Joël de la fondation ARC à Aurèle Piazza.

 

Pour en savoir plus

(1) "Stimulation of gross chromosomal rearrangements by the human CEB1 and CEB25 minisatellites in S. cerevisiae depends on G-quadruplexes or Cdc13". Piazza A, et coll. novembre 2012. PLoS Genet 8(11): e1003033

 

Crédit photo: Noémie Guitter

Mathilde Regnault
21/11/2012