Partager Partager sur facebook Partager sur twitter Partager sur google+
-A +A

imprimer la page

Et après... La suite du programme incitatif et coopératif

Le programme incitatif et coopératif coordonné par Sophie Piperno-Neumann et Sergio Roman-Roman se poursuit et les défis à relever sont encore nombreux. 

"Les analyses des données du séquençage de 80 prélèvements de mélanome de l’uvée sont en cours, signale Sergio Roman-Roman. L’identification d’altérations génétiques spécifiques des formes métastasées est l’une de nos attentes."

En tant que centre référent national pour la prise en charge des mélanomes de la choroïde, un cancer rare de l’œil, l’Institut Curie poursuit son engagement pour mieux caractériser cette pathologie. Il lance un programme de recherche, un PIC3i, financé sur fonds propres et pour grande partie par la générosité publique. "On soupçonne désormais l’existence d’un autre mode de dissémination pour ce cancer", rapporte Filippo Del Bene, directeur de recherche Inserm, chef de l’équipe Développement des circuits neuronaux (CNRS/Inserm/Institut Curie) et coordinateur de ce programme. En effet, Claire Lugassy et Raymond Barnhill (Institut Curie) ont démontré, dans les mélanomes de la peau, l’existence d’une autre voie de métastases par migration progressive de cellules cancéreuses le long de la paroi externe des vaisseaux (angiotropisme), sans entrer dans la circulation sanguine. Ils ont donné le terme de "migration métastatique extravasculaire" à ce mode de migration, par opposition à la dissémination intravasculaire. Récemment, ces mêmes chercheurs, pionniers de la migration extravasculaire, ont montré que ce mode de propagation pouvait également exister dans les mélanomes de la choroïde. "De plus la perte du gène BAP1 étant associée à un plus haut risque de développer des métastases chez les patients, notre projet va explorer les liens entre BAP1 et ce nouveau mode de dissémination tumorale", ajoute Filippo Del Bene.

Par ailleurs, l’équipe de Raphael Margueron va étudier dans des modèles expérimentaux le rôle d’une protéine, BAP1. Elle fait en effet partie d’un complexe qui maintient au silence certains gènes au cours du développement et à l’âge adulte. Un "mauvais réveil" de ces gènes peut participer à la transformation tumorale d’une cellule. Alors, quel rôle jouent-ils dans le développement des mélanomes de l’uvée ? 

Un autre espoir pour le mélanome de l’uvée repose sur les développements récents de l’immunothérapie. Pour se développer en toute impunité, les cellules tumorales apprennent à verrouiller certains points de contrôle immunologiques. Des études vont donc se consacrer à mieux comprendre ces verrous, voire à identifier des molécules pour les débloquer.

"C’est en comprenant mieux cette tumeur rare que de nouvelles solutions thérapeutiques pourront voir le jour", rappelle Le Dr Sophie Piperno-Neumann. Seule l’implication d’institutions comme l’Institut Curie, référent pour la prise en charge des patients et disposant par ailleurs d’une expertise couvant la recherche fondamentale, translationnelle et clinique sur cette pathologie rare, peut conduire à améliorer la prise en charge. Plusieurs essais précoces sont en cours ou vont débuter dans les mois à venir, testant de nouvelles thérapies ciblées, en partenariat avec des laboratoires développant ces nouveaux traitements. "Grâce à l'expertise du laboratoire d'investigation préclinique, nous pourrons par ailleurs analyser en temps réel les réponses au traitement observées et proposer d'éventuelles alternatives en cas d'échec", ajoute Sergio Roman-Roman.

 

En savoir plus

Le PIC3i "Investigating the role of BAP1 in uveal melanoma progression via angiotropism and extravascular metastasis (ANGIOZUM)"

 

Crédit photo : Cécile Charré / Institut Curie et Noak / Le bar Floréal / Institut Curie

Céline Giustranti
08/06/2015