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Cancer et douleur : 3 questions au Dr Abdelmalek Ghimouz

Prendre en charge toutes les douleurs du patient atteint de cancer : l’Institut Curie s’engage à relever le défi. Médecin anesthésiste et coordinateur de la Journée de traitement de la douleur dans la pathologie cancéreuse 2014, le Dr Abdelmalek Ghimouz présente son équipe, son approche de la douleur et une technique qu’il a développée à l’Institut Curie, l’analgésie intrathécale.

Quels ont été les objectifs de cette 2e Journée de traitement de la douleur cancéreuse, qui s’est déroulée le 20 mai 2014 ?

Nous souhaitions, par cet événement, faire connaître notre forte sensibilité à la problématique de la douleur en cancérologie, notre savoir-faire et nos convictions. Selon nous, la douleur est une maladie plus qu’un symptôme : en particulier lorsqu’elle dure dans le temps, elle entraîne de multiples conséquences néfastes sur la santé et le moral. Elle doit non seulement être traitée par des médicaments, mais aussi prise en charge par toute une équipe. Nous souhaitons mettre en place à l’Institut Curie un calendrier de congrès "Douleur" tous les deux ans pour rester toujours à la pointe des innovations, échanger avec nos collègues du réseau hospitalier que nous développons actuellement et devenir un centre référent de la douleur reconnu et respecté.

Quels sont les métiers impliqués dans la gestion de la douleur à l’Institut Curie ?

L’unité douleur du Département d’Anesthésie-Réanimation-Douleur, DARD, comprend quatre médecins, dont trois anesthésistes, deux infirmières spécialistes de la douleur et trois secrétaires intégrées à la consultation. Trois médecins, dont une anesthésiste, assurent l’hypnose à visée antalgique. Deux neurochirurgiens et une orthopédiste sont en charge des atteintes de la colonne vertébrale et des os longs, nos radiothérapeutes interviennent pour traiter la douleur par radiothérapie à visée antalgique et les équipes de psycho-oncologie et de soins de support apportent leur soutien  aux patients qui ont mal. Le département d’imagerie et l’ensemble du personnel hospitalier travaillent en harmonie avec l'unité douleur dans un "Esprit Curie", qui implique une grande disponibilité des uns envers les autres pour aider au plus vite au traitement de la douleur du patient.

Pouvez-vous nous parler d’une technique particulière que vous avez développée pour lutter contre la douleur?

Environ 14% des douleurs cancéreuses peuvent être intenses et rebelles même à l’administration intraveineuse de morphine. Pour traiter ces douleurs, nous avons mis en place une technique innovante qui consiste à administrer le traitement antalgique directement au niveau du système nerveux central par l’intermédiaire d’un cathéter relié à une pompe posée en sous-cutané. Ce cathéter est inséré à proximité des voies de la conduction de la douleur au niveau de la moelle  épinière. Par cette voie, les doses de morphine nécessaires pour bloquer la douleur sont 100 fois inférieures aux doses intraveineuses. Les effets indésirables de la morphine sont ainsi considérablement diminués. Cette voie permet également l’administration d’autres antalgiques, interdits par voie orale ou intraveineuse, pour renforcer l’effet de la morphine. Grâce à une équipe motivée et pluridisciplinaire, nous avons pu installer cette technique à l’Institut Curie et être reconnus comme une référence régionale en matière de prise en charge de douleurs cancéreuses rebelles.

 

Crédit photo : Alexandre Lescure / Institut Curie

Emmanuelle Manck
26/08/2014