Partager Partager sur facebook Partager sur twitter Partager sur google+
-A +A

imprimer la page

Le cancer, une maladie des gènes

Certains gènes, qui jouent un rôle ordinaire tout au long de notre vie, peuvent muter. Aujourd’hui, on connaît une vingtaine de gènes dont le dérèglement suffit à lui seul à provoquer un cancer.

©  pixabay.com
© pixabay.com

Tout commence par l'altération du matériel génétique d'une cellule. Bien que la cellule soit très attentive, des erreurs peuvent survenir spontanément par exemple lors de la reproduction de l’ADN en vue de la division cellulaire, cette étape essentielle de la vie de toute cellule au cours de laquelle la cellule copie l’ensemble de ses composants, puis se sépare en deux cellules filles. Ces altérations peuvent aussi être le fait d’agents extérieurs dit « mutagènes » tels que les rayons ultraviolets, le tabac, l’alcool, certains virus ou produits toxiques.

Il s’en suit la perte d'une partie d'un gène, voire d'un chromosome et consécutivement de graves perturbations dans la fabrication des protéines et la présence de protéines incomplètes ou erronées dans une cellule. Si la plus grande majorité des mutations reste sans effet, certaines peuvent avoir des conséquences sur l'ensemble de l'organisme.

Un des gènes qui régulent les processus vitaux (division, différenciation, réparation ou apoptose) de la cellule doit être « touché ».

En outre, la cellule possède une série de « contrôles qualité », avec tout d’abord des gènes réparateurs, chargés d’éliminer les lésions trouvées dans l’ADN. En cas d’échec, les gènes dits « suppresseurs de tumeur » entrent en jeu : ils stoppent la division et peuvent même ordonner à la cellule de se suicider. Mais, si des mutations détériorent ces gènes, la surveillance est trompée : les mutations s’accumulent. Le cancer résulte donc d'une succession d'accidents génétiques.

Les gènes comme signature diagnostique…

Certaines anomalies sont tellement caractéristiques de la tumeur que leur détection signe, à elle seule, le diagnostic. C’est le cas de la protéine Abelson dans la leucémie myéloïde chronique ou du facteur de transcription EWS/FLI-1 identifié à l’Institut Curie et spécifique d’un cancer de l’os de l’enfant et du jeune adulte, les tumeurs d’Ewing.

Les recherches se poursuivent pour identifier de nouvelles signatures par exemple prédictives des formes agressives de cancer.

… Pour cibler le traitement…

L’étude des mécanismes génétiques en jeu permet aussi d’individualiser les traitements. Il est par exemple devenu possible de prédire la réponse à certains traitements dans le cancer colorectal. Les malades présentant des mutations sur le gène K-Ras ne tirent aucun bénéfice de certaines thérapies ciblées. Dépister ces mutations permet donc de ne proposer ces médicaments qu’aux patients chez qui cela a un intérêt.

… Et identifier de nouvelles pistes thérapeutiques

Comprendre ce qui se passe, à l’échelle moléculaire ou cellulaire, constitue aussi un moyen d’agir contre le cancer. Dès lors qu’un gène a été identifié comme responsable du développement d’un cancer, on peut chercher des pistes pour bloquer son action ou plus précisément celle de la protéine erronée qu’il produit. C’est ainsi qu’à partir de la découverte de la modification génétique commune à certains cancers rares du sang, les leucémies myéloïdes chroniques, a pu être mise au point l’une des premières thérapies ciblées. Comme leur nom l’indique, les thérapies ciblées s’attaquent à des cibles spécifiques des cellules cancéreuses, épargnant les cellules saines.

Institut Curie
25/09/2015