Partager Partager sur facebook Partager sur twitter Partager sur google+
-A +A

imprimer la page

Cancer de l'ovaire : 3 questions au professeur Roman Rouzier

Le professeur Roman Rouzier est gynécologue cancérologue, directeur médical du pôle Sénologie de l’Institut Curie.

Pourquoi dit-on du cancer de l’ovaire qu’il est "silencieux" ?

Parce qu’il ne se manifeste pas par des symptômes spécifiques et que ces symptômes arrivent souvent tardivement. Dans 75 % des cas, le diagnostic est posé alors que la maladie est déjà à un stade avancé. Elle est alors plus difficile à soigner. On cherche à diagnostiquer ce cancer plus précocement mais pour l’instant sans réussite. Des essais ont été menés en pratiquant des examens d’imagerie mais ceux-ci révélaient toujours soit des maladies avancées, soit des faux positifs. On croyait voir des traces de la maladie, ce qui conduisait à des interventions chirurgicales alors qu’il n’y avait pas de cancer.

 

Dispose-t-on d’autres armes de prévention ?

Pour l’instant, on ne dispose que de la prévention primaire. Chez les femmes qu’on sait prédisposées génétiquement à ce cancer et qui ont réalisé leur désir de maternité et/ou qui sont ménopausées, on peut proposer une ablation préventive des ovaires et des trompes. Une telle décision revient à la patiente, après qu’elle l’ait longuement mûrie, en rencontrant plusieurs fois le généticien, ainsi qu’un psychologue. On pratique 4 à 6 interventions de ce type par semaine à l’Institut Curie, à Saint-Cloud et à Paris.

 

Quelles avancées peut-on attendre dans la prise en charge de ce cancer ?

Les traitements sont en train de changer, parce qu’on caractérise de mieux en mieux ces tumeurs. On peut notamment déterminer directement sur un échantillon de la tumeur la présence de mutations des gènes BRCA. On peut alors proposer à la patiente des traitements adaptés, comme les inhibiteurs de PARP. On peut aussi tester la patiente pour savoir si ces mutations lui ont été transmises par ses parents. Si c’est le cas, il convient de proposer le test aux autres femmes de sa famille potentiellement concernées. Si une prédisposition est révélée chez certaines, elles pourront bénéficier d’un suivi rapproché, d’une ablation préventive des ovaires ou d’un diagnostic précoce du cancer du sein, lui aussi lié à ces mutations.

Crédit photo : Alexandre Lescure / Institut Curie

La Rédaction
09/10/2015