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Cancer de l'ovaire : les traitements disponibles

Le traitement du cancer de l’ovaire repose en général sur la chirurgie et la chimiothérapie. 

La chirurgie

Une chirurgie est préconisée dans la plupart des cas. À un stade précoce, elle consiste à enlever l’utérus, les deux ovaires, les ganglions lymphatiques et l’épiploon (ou omentum), qui correspond à une partie du péritoine. L’intervention peut être pratiquée par cœlioscopie, c’est-à-dire que le chirurgien introduit ses instruments et une caméra par de petites incisions dans l’abdomen, et guide ses gestes par l’intermédiaire d’un écran. Il peut aussi réaliser des biopsies, prélèvements d’autres organes, qui seront analysés pour vérifier qu’ils ne sont pas atteints.

Si le cancer est à un stade très précoce (un seul ovaire atteint) et que la patiente désire encore avoir des enfants, il est parfois possible de ne retirer que cet ovaire et la trompe associée.

Mais le plus souvent, l’opération nécessite une laparotomie : l’abdomen est ouvert du pubis au sternum. Le chirurgien peut ainsi observer et palper tous les organes pour vérifier s’ils sont atteints.

Pour un cancer avancé, l’intervention peut être beaucoup plus lourde et durer jusqu’à 8 heures. Elle commence par une cœlioscopie pour évaluer l’extension de la maladie. Puis, une laparotomie est pratiquée pour enlever idéalement tous les tissus atteints, y compris le colon, le rectum, une partie de l’intestin grêle si nécessaire. À l’issue, le chirurgien peut être amené à relier l’extrémité du tube digestif à une ouverture au niveau du ventre, une stomie. Les selles seront alors évacuées dans une poche collée à cet orifice pendant quelques semaines, le temps que l’intestin cicatrise. Une nouvelle intervention permettra alors de reconnecter l’intestin au rectum.

La chimiothérapie

Le traitement par chimiothérapie est basé sur le carboplatine combiné au paclitaxel (connu sous le nom commercial de Taxol). Ils sont injectés dans le sang via une chambre implantable, en ambulatoire : le patient vient à l’hôpital pour les quelques heures que dure l’injection puis rentre chez lui. Le traitement consiste le plus souvent en 6 à 9 cycles d’injections, espacées de trois semaines. On essaie de plus en plus de pratiquer des injections de doses plus faibles, à un rythme hebdomadaire. Cela oblige le patient à se déplacer plus souvent à l’hôpital, mais le Taxol notamment est ainsi mieux toléré par l’organisme.  

Le plus souvent, la chirurgie précède la chimiothérapie. Cependant, il est parfois décidé de débuter par la chimiothérapie, soit parce que la tumeur n’est pas opérable, soit pour diminuer le volume tumoral et réaliser une chirurgie moins extensive. On commence par trois à quatre cycles de chimiothérapie afin de réduire la taille de la tumeur, avant d’opérer pour la retirer. L’intervention est ainsi plus simple et ses complications réduites. Les cycles de chimiothérapie reprennent ensuite. On complète en général la chimiothérapie par trois ou quatre cures en ajoutant un traitement au bévacizumab (Avastin), un médicament qui bloque la formation de nouveaux vaisseaux sanguins. Ce traitement plus ciblé est continué pendant 15 mois afin d’empêcher d’éventuels foyers cancéreux résiduels de se développer.

Thérapies ciblées

Le cancer de l’ovaire est en général lié à des anomalies de réparation de l’ADN, notamment à des mutations de gènes prédisposant au cancer : BRCA1 et BRCA2. On dispose pour contrer ces dysfonctionnements de traitements ciblés, comme les inhibiteurs de PARP. Après une période d’essais cliniques, ces médicaments viennent d’être autorisés pour les patientes en cas de rechute. Et d’autres essais cliniques vont bientôt débuter pour tester leur utilité dès la fin de la première phase de traitement.

Pour les 10 % de cancers rares, pour lesquels les traitements ne sont pas standardisés, les médecins travaillent en réseau à l’échelle nationale. Le cas de chaque patiente concerné est discuté entre spécialistes des différentes disciplines (oncologues médicaux, chirurgiens, généticiens…) afin de décider en concertation du plan de traitement.

 

Crédit photo : Christophe Hargoues / Institut Curie

La Rédaction
09/10/2015