Partager Partager sur facebook Partager sur twitter Partager sur google+
-A +A

imprimer la page

Cancer du poumon: des traitements de plus en plus personnalisés

Les décisions thérapeutiques sont prises selon des référentiels régionaux, nationaux et internationaux au cours de réunions de concertation disciplinaire réunissant pneumologue, chirurgien, radiothérapeute, radiologue, médecin nucléaire et anatomopathologiste.

Cancer du poumon: des traitements de plus en plus personnalisés

 

  • Le traitement du carcinome bronchique à petites cellules (CPC)

 

Deux tiers des carcinomes bronchiques à petites cellules sont diagnostiqués au stade métastatique.

- La chimiothérapie est le traitement de référence du CPC. Du fait de la rapidité de croissance cellulaire, l’existence de métastases occultes est probable d’où l’utilisation de la chimiothérapie quel que soit le stade. Le traitement du CPC est considéré comme une urgence thérapeutique relative.

- Le traitement du CPC localisé au thorax repose sur la délivrance d’une chimiothérapie et d’une radiothérapie. Il existe très peu d’indications opératoires dans les CPC.

- Le traitement du CPC métastatique repose sur une chimiothérapie exclusive.

- Quel que soit le stade, une irradiation cérébrale prophylactique est recommandée chez les patients répondeurs.

- Aucune thérapie ciblée n’a d’indication à ce jour dans le traitement du CPC.

  • Le traitement du carcinome bronchique non à petites cellules (CBNPC)

- La chirurgie d’exérèse, ablation de la tumeur, reste le seul traitement curateur du cancer bronchique non à petites cellules. La chirurgie est le traitement de choix dans les cancers de stade I et II et garde une place importante pour certains cancers de stade III.

La voie d’abord traditionnelle est la thoracotomie postéro-latérale. L’étendue de l’exérèse dépend principalement de la taille de la tumeur, de sa localisation et de son extension ganglionnaire ou aux organes de voisinage. Les autres facteurs pris en compte sont liés au patient : réserve fonctionnelle respiratoire, âge ou antécédents médicaux. La tendance actuelle est de proposer des voies d’abord chirurgicales mini-invasives (thoracoscopie, chirurgie vidéo-assistée).

- Une chimiothérapie post-opératoire et /ou une radiothérapie post-opératoire pourront être discutées en fonction de l'analyse des tissus retirés.

- La radiothérapie stéréotaxique est considérée comme la technique de choix, et équivalente à la chirurgie, pour les petites tumeurs chez des patients médicalement inopérables ou à risque.

- L’utilisation combinée de la chimiothérapie avec la radiothérapie est le standard actuel de traitement des patients avec CBNPC de stade III inopérables ou non résécables.

- La prise en charge des patients atteints d’un cancer bronchique non à petites cellules au stade métastatique s’est considérablement modifiée durant les cinq dernières années grâce à une personnalisation croissante des traitements. Le type histologique de la tumeur (carcinome épidermoïde ou non) constitue actuellement le premier facteur décisionnel.

Anomalie moléculaire

Le second facteur décisionnel est, pour les carcinomes non épidermoïdes, la présence ou non d’une anomalie moléculaire, c’est-à-dire actuellement l’existence d’une mutation au niveau du gène de l’EGFR impactant le traitement dès la première ligne avec des inhibiteurs tyrosine kinase de l’EGFR ou d’un réarrangement au niveau du gène ALK et qui va conditionner le traitement à partir de la seconde ligne avec le crizotinib. 

Cependant, cette approche thérapeutique avec des thérapies ciblées ne concerne encore en pratique qu’une minorité de patients souvent peu exposés au tabagisme. La chimiothérapie constitue donc toujours le socle du traitement de la majorité des patients. Les autres facteurs à prendre en compte dans le choix des traitements sont l’état général, l’âge et les antécédents médicaux. 

Crédit photo : Pedro Lombardi / Institut Curie

Mathilde Regnault
08/04/2014