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Cancer de la prostate : trois questions au Dr Paul Meria

Le Dr Paul Meria est chirurgien-oncologue à l’Institut Curie. Il revient en détail sur la chirurgie de la prostate et sur ses effets secondaires potentiels. 

Quelles sont les techniques de prostatectomie actuellement pratiquées ?

Dans certains centres de lutte contre le cancer, on évolue vers la chirurgie assistée par la robotique. Cette technique a pour avantage de réduire le saignement et la douleur postopératoires. Pour ma part, j’utilise toujours la voie classique, comme la moitié des urologues, avec une incision courte dans la région basse de l’abdomen. Je vois bien ce que je fais et l’intervention dure environ 1 heure : c’est plus rapide et l’investissement est moins lourd pour des résultats identiques. D’après moi, le matériel et la technique sont secondaires, le soin et le savoir-faire du chirurgien comptent beaucoup plus. 85% des patients qui ont été bien opérés sur une indication réfléchie sont en rémission complète à 5 ans.

 

Les problèmes d’érection sont redoutés par certains patients. Que pouvez-vous faire pour limiter les risques ?

Si la tumeur est bien localisée, nous essayons de préserver les pédicules vasculo-nerveux situés de chaque côté de la prostate et qui contribuent en partie au fonctionnement érectile. Si cela améliore les chances de récupération fonctionnelle, l’érection post-opératoire demeure proportionnelle à l’érection pré-opératoire. Le patient est informé des répercussions de l’opération sur le plan sexuel mais les chances de récupération sont réelles et nous les informons également qu’il existe des médicaments permettant de compenser l’éventuel déficit érectile.

 

 Que conseillez-vous aux hommes pour éviter un cancer de la prostate difficile à traiter ?

Malgré quelques discordances actuelles entre les autorités de santé, on considère que les patients qui tirent le plus grand bénéfice d’un diagnostic précoce par dosage de PSA sont les sujets masculins d’ethnies à risque, antillaise ou africaine, et de familles où plusieurs cas de cancers de la prostate sont survenus. Ils devraient y songer dès 45 ans. Chez les autres, un diagnostic précoce du cancer de la prostate est utile à partir de 50 ans et jusqu’à 75 ans, car c’est dans cette fenêtre d’âge que l’on obtient les plus grandes chances de guérison.

Institut Curie
16/06/2015