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Cancers digestifs : le point sur la recherche fondamentale

En savoir plus sur les fondements du cancer du côlon et les dysfonctionnements cellulaires, telles sont les pistes actuellement étudiées par les chercheurs de l’Institut Curie en étroite collaboration avec les médecins. 

Cancers digestifs : le point sur la recherche fondamentale

Génétique et cancers du côlon

Quant au cancer du côlon, c’est une plongée au cœur de la génétique que nous proposent biologistes, bioinformaticiens et médecins de l’Institut Curie.

En joignant leur expertise, les étapes de la progression tumorale et les divers chemins conduisant au cancer du côlon livrent progressivement leurs secrets. "La combinaison des altérations de p53 et Notch crée les conditions les plus favorables au développement de métastases dans les cancers du côlon", précise le Pr Daniel Louvard, ancien directeur du Centre de Recherche et spécialiste de la biologie du cancer du côlon.

Les modèles animaux porteurs de ces deux altérations dans le tissu intestinal mis au point constituent un excellent modèle préclinique. Ils serviront de base à la recherche de nouvelles cibles thérapeutiques mais aussi à la meilleure compréhension des modifications nécessaires à la formation des métastases.

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A la recherche de nouveaux marqueurs

Carsten Janke, directeur de recherche CNRS sur le site d’Orsay de l’Institut Curie s’intéresse aux liens entre les cellules du côlon et leur environnement. La perturbation de cet équilibre est de plus en plus souvent incriminée dans la survenue des Cancers. Pour capter les signaux venant de son environnement, la cellule du côlon possède un cil primaire dont l’architecture est fortement dépendante de la TTLL3.

Si l’absence de TTLL3 ne semble pas avoir d’effet sur les cellules saines, dès lors que les cellules deviennent tumorales, la suppression de TTLL3 accélère le développement tumoral.

Grâce à la proximité avec les médecins, les chercheurs ont pu vérifier leurs « dires » sur des prélèvements obtenus chez des patients atteints de cancer du côlon. Une trop faible quantité de TTLL3 semble associée à une forme plus agressive de cancer du côlon. Les expériences se poursuivent pour creuser l’intérêt de TTLL3 en tant que nouveau marqueur d’agressivité des cancers du côlon.

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Comment migrent les cellules ?

Pour tenter de le comprendre, l’équipe de chercheurs dirigée par Danijela Vignjevic analyse au microscope bi-photonique des biopsies d’intestin de souris transgéniques pour suivre la migration de ces cellules en 3 dimensions. Grâce à une coopération avec des physiciens et des mathématiciens, ils construiront par la suite un modèle de la migration cellulaire en intégrant les données collectées. Parallèlement, ils étudient les mécanismes d’une migration "anormale" survenant au cours du cancer et qui conduit à la formation de métastases. Notamment, les scientifiques espèrent déterminer quelles cellules, tumorales ou fibroblastiques, sont responsables de la destruction de la membrane basale, permettant ainsi la dissémination dans la circulation sanguine.

 

Crédit photo : Silvia Fre / Institut Curie 

Mathilde Regnault
04/06/2013