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Cancers du sein : perceptions et progrès

Les progrès en cancérologie ont permis d’améliorer l’efficacité des traitements, d’allonger l’espérance de vie et d’offrir davantage de confort de vie aux malades, au profit d’un « retour à la vie normale » plus rapide.

Des avancées perçues positivement par les Français

Le cancer du sein

Le cancer du sein est une pathologie répandue avec quelque 54 000 nouveaux cas estimés en 2015 en France. Une grande majorité de Français est donc confrontée, de manière directe ou non, à la maladie et a pu constater les progrès réalisés, tant en termes de guérison que d’accompagnement.

Des avancées clairement identifiées par les personnes interrogées, qui sont 84 % à considérer que le cancer du sein se guérit de mieux en mieux.

Il est à noter que les seniors se montrent encore plus optimistes, ce chiffre atteignant 95 % chez les plus de 65 ans. Un fait expliqué par une plus grande expérience de la maladie et une vision plus globale des avancées médicales.

Par ailleurs, pour 64 % des personnes interrogées, le cancer du sein est une maladie qui se vit de mieux en mieux.

 

► Poursuivre la recherche en particulier sur les tumeurs les plus agressives

La prise en charge des cancers du sein n’a cessé de progresser sur tous les fronts, du diagnostic aux traitements, pour devenir de plus en plus personnalisée.

Classification plus fine des différents types de cancers, diagnostic précoce de tumeurs de petites tailles, radiothérapie ultra-précise épargnant les tissus sains, chirurgie moins invasive et nouvelles techniques de reconstruction, carte d’identité des tumeurs et thérapies ciblées, détection de matériel tumoral circulant dans le sang (cellules ou ADN) pour prédire l’évolution de la tumeur ou la réponse aux traitements… La liste des progrès accomplis ou en cours est longue.

 

Le cancer du sein

Pr Roman Rouzier « Grâce à la recherche, de nombreuses innovations en chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, hormonothérapie, thérapies ciblées, seule ou en association, ont permis de progresser et d’améliorer l’espérance de vie des patientes. Aujourd’hui, nous espérons beaucoup de l’immunothérapie et poursuivons la recherche de solutions thérapeutiques pour les cancers particulièrement agressifs », précise le Pr Roman Rouzier, directeur médical du pôle sénologie de l’Institut Curie. « Nos efforts se portent également sur la limitation des sur-traitements, en identifiant les femmes qui n’auront pas besoin de recevoir une chimiothérapie ».

De grands espoirs se portent sur l’immunothérapie, pour laquelle l’Institut Curie ouvrira un centre dédié début 2017. Deux stratégies font actuellement l’objet d’essais cliniques :

  • apprendre au système immunitaire à reconnaître la tumeur comme dangereuse et à induire une réponse efficace (vaccinothérapie) ;
  • déverrouiller le système immunitaire grâce à des molécules capables de lever les freins mis en place par les cellules tumorales pour se développer en toute liberté.

De nombreux efforts restent à fournir pour lutter contre les tumeurs agressives, à l’image des cancers triple négatifs qui représentent 15 % des cancers du sein et touchent des femmes plus jeunes.

« Le cancer du sein triple négatif présente un risque de métastases plus élevé et un pronostic plus défavorable que les autres sous-types, explique le Pr Roman Rouzier. Se développant rapidement, il s’agit souvent d’un cancer d’intervalle (qui survient entre deux contrôles) ou qui intervient chez des femmes pas encore concernées par le dépistage. De nombreuses recherches sont en cours pour identifier de nouvelles stratégies thérapeutiques. »

 

Ces 30 dernières années, l’Institut Curie a suivi plus de 60 000 femmes atteintes de cancer du sein. En tant qu’un des plus grands centres européens de prise en charge, l’Institut Curie dispose des atouts indispensables pour combattre ce problème de santé majeur grâce à des interactions fortes entre chercheurs et médecins au bénéfice des patientes.

 

Retrouver une vie normale après un cancer du sein

► Le droit à l’oubli, une loi plébiscitée

Cette mesure, très attendue par tous les patients confrontés aux difficultés d’emprunt suite à la maladie rencontre l’approbation des Français, fait rare dans le contexte de scepticisme législatif actuel.

Plus de 40 % des personnes interrogées ont ainsi connaissance de l’existence d’une telle loi, preuve de l’attention portée aux évolutions législatives dans le domaine de la santé publique.

Si la jeune génération est moins informée, avec 62 % des 18-25 ans et 66 % des 25-34 ans qui ne connaissent pas ou peu le vote de ce texte, 84 % de l’ensemble des personnes interrogées estiment que cette loi contribue largement à faciliter le retour à une vie normale.

« C’est un progrès extraordinaire pour toute la société. Le droit à l’oubli est un élément essentiel pour reconnaître aux patients que leur vie continue après un cancer. La France est ainsi le premier pays au monde à instaurer ce droit à l’oubli, » précise le Pr Thierry Philip, Président de l’Institut Curie.

Le vote de la législation sur le droit à l’oubli a été rendue possible grâce au soutien et à la sensibilisation de nombreux acteurs tels que les associations de patients, l’INCa, Rose Magazine… « Et, aux côtés des associations de patients, l’Institut Curie a été parmi les premiers à se préoccuper du droit à l’oubli pour les anciens malades », se félicite Thierry Philip.

Cependant, cette loi ne constitue qu’une première étape. « Ce texte législatif est un pas en avant car il a valeur de loi. Mais la loi reste insuffisante. Il existe en effet certains cancers qui se soignent bien et permettent souvent d’obtenir une guérison bien avant ce délai de dix ans », ajoute Thierry Philip. En effet, une classification des types de cancers, en collaboration avec les compagnies d’assurance, s’avère nécessaire pour pouvoir abaisser le délai en vigueur des 10 ans quand cela se justifie.

Le cancer du sein Le droit à l’oubli, en quoi cela consiste-t-il ?

Le texte sur le droit à l’oubli a été voté le 26 janvier 2016 dans le cadre de la loi de modernisation du système de santé français. Il permet aux patients guéris de ne plus être dans l’obligation de déclarer leur maladie à leur assureur à partir de 10 ans après la fin de leur traitement. Cette période s’abaisse à 5 ans pour les cancers pédiatriques (déclarés avant 18 ans). Par ailleurs, ce texte annonce la fin du cumul de surprimes et d’exclusion de garanties dans le même contrat d’assurance.

 

► Faciliter le retour au travail, une priorité

Le cancer du sein

Retrouver une vie similaire à celle d’avant la maladie est l’objectif principal de tous les malades. Mais bien souvent, ils font face à une stigmatisation sociale et financière, c’est l’effet « double-peine ».

37 % des personnes interrogées pensent ainsi que le fait de ne pas être stigmatisé favorise un meilleur retour à la vie normale et parmi eux, 24 % considèrent les conditions facilitant un retour à la vie professionnelle comme un facteur important.

Depuis 2013, l’Institut Curie propose un service de coaching pour aider les patientes à reprendre une activité professionnelle après les traitements.

« Aujourd’hui, il est nécessaire d’évaluer l’efficacité de ce dispositif. Grâce à un financement de Malakoff Médéric, une étude randomisée baptisée Opticoach va comparer le taux de retour au travail à un an entre un groupe qui bénéficie de coaching et un autre sans coaching », explique le Pr Roman Rouzier. Il est également prévu de mesurer la qualité de cette reprise d’activité : est-elle bien vécue ? Une première étude menée en 2008 à l’Institut Curie avait montré que 80 % des patients salariés reprenaient une activité mais que la moitié d’entre eux rencontraient des difficultés lors de leur réinsertion professionnelle.

Infographies © Hopscotch Design / Institut Curie

Institut Curie
14/09/2016