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Comprendre la cellule tumorale pour la maîtriser

Dès que le fonctionnement d’une cellule est altéré, une maladie peut survenir. Scientifiques et médecins mettent tout en œuvre pour « remettre dans le droit chemin » la cellule devenue cancéreuse.

©  AlainAurias-AnneRousselet / Institut Curie
© AlainAurias-AnneRousselet / Institut Curie

A la suite de plusieurs accidents génétiques, la cellule peut échapper aux « contrôles qualité ». Une fois les barrières de protection sautées, la cellule anormale prolifère de manière anarchique, ce qui conduit à la formation d’une masse cellulaire désorganisée. Les cellules tumorales perdent alors progressivement leurs propriétés spécifiques et leurs repères. Comprendre ce qui se passe à l’échelle de la cellule ouvre des pistes pour agir contre les cancers.

Rétablir une bonne communication

Les cellules cancéreuses n’assurent plus leur fonction et « font la sourde oreille » aux ordres venus de l’extérieur. Le cancer est donc, entre autres, une maladie de la transmission des signaux. La cellule cancéreuse maintient par exemple des signaux de vie en permanence allumé ou ignore les facteurs antiprolifération. Des traitements bloquant ces étapes défectueuses existent. Dans les cancers du côlon, le cetuximab se fixe sur un facteur de croissance de l’EGFR et « débloque » ainsi le signal induisant l’apoptose, c’est-à-dire la mort programmée des cellules. Dans les cancers du sein, le trastuzumab est un anticorps qui cible le récepteur HER2 et bloque la prolifération cellulaire.

Bloquer la division cellulaire

Les cellules cancéreuses se divisent souvent de façon anarchique et incontrôlable : elles prolifèrent au détriment de l’organisme. Les chimiothérapies classiques bloquent de façon non spécifique la mécanique de la division cellulaire. Ainsi, les alcaloïdes (exemples : vinorelbine, vinblastine, vincristine) et les taxanes (exemples : docétaxel, paclitaxel) ciblent les microtubules indispensables à toute division cellulaire.

Les chimiothérapies s’attaquent aussi aux cellules saines à qui ont une division rapide telle que celles qui recouvrent l’intérieur de la bouche ou qui sont responsables de la croissance des cheveux. Ce sont ces dommages qui sont responsables des effets secondaires de la chimiothérapie.

Enrayer la dissémination tumorale

Certaines tumeurs cancéreuses ne vont pas arrêter leur progression à l’invasion du seul tissu d’origine. Ainsi, elles peuvent perdre leur capacité d’adhérence avec les cellules voisines, échapper au tissu originel pour envahir progressivement les tissus voire se propager à l’ensemble de l’organisme. A chaque étape de cette progression vers la formation de métastases, la cellule subit des modifications. Les recherches se poursuivent pour identifier ses différentes altérations qui sont autant de cibles possibles pour bloquer l’envahissement tumoral.

Institut Curie
25/09/2015