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D’où vient la douleur cancéreuse ?

Une tumeur ne contient pas de nerfs : elle peut se former et grossir sans faire mal. Cependant, au cours de l’évolution de la maladie et de son traitement, des douleurs peuvent apparaître pour plusieurs raisons.

La maladie cancéreuse en elle-même peut être douloureuse.

  • La tumeur ou une métastase peut comprimer ou envahir un organe contigu qui, lui, est sensible. Par exemple, une tumeur du poumon ou une métastase provenant d’un cancer de la prostate peut provoquer des maux de dos si elle se développe vers la colonne vertébrale, richement innervée. Ce sont des douleurs nociceptives.
  • La tumeur se forme au niveau d’un nerf. Elle occasionne des douleurs neuropathiques. 


Certains traitements du cancer peuvent également provoquer des douleurs

  • Les chimiothérapies anticancéreuses. Elles sont conçues pour cibler et détruire les cellules qui se divisent et se multiplient très vite, comme les cellules cancéreuses. Or, d’autres cellules saines du corps, comme celles des muqueuses ou des nerfs, se renouvellent également rapidement et peuvent donc être touchées. Pendant la chimiothérapie, les nerfs agressés peuvent provoquer des fourmillements, des engourdissements et des douleurs, et les muqueuses buccales peuvent s’enflammer (aphtes, stomatite…). Après la chimiothérapie, ces cellules se régénèrent : les muqueuses s’apaisent et les douleurs disparaissent, mais les cellules nerveuses peuvent se régénérer imparfaitement, causant des douleurs neuropathiques.
  • La chirurgie. L’incision de la peau, mais aussi la section de nerfs ou l’atteinte de parties sensibles du corps dans le cadre d’une chirurgie peuvent engendrer des douleurs au-delà de la douleur post-opératoire « normale » due au traumatisme cutané lorsque la cicatrisation s’effectue mal.
  • La radiothérapie. Elle soigne le cancer et est aussi utilisée pour le traitement de la douleur. Une accentuation de la douleur après traitement par radiothérapie peut se produire par phénomène inflammatoire, mais elle est transitoire. Autrefois, certains surdosages de radiothérapie pouvaient induire des « plexites radiques » engendrant des douleurs neuropathiques. Aujourd’hui, les irradiations étant précisément contrôlées, ces séquelles douloureuses sont devenues très rares.

Les douleurs liées aux soins et examens. Pose d’un cathéter veineux, insertion d’une sonde urinaire, ponctions, sutures… Ces gestes nécessaires à la prise en charge du patient au peuvent provoquer des douleurs temporaires. 


Il ne faut pas non plus négliger les souffrances psychiques liées au cancer. 
La maladie cancéreuse et son traitement, la fatigue et les douleurs physiques qui leur sont associées peuvent engendrer un stress, des troubles du sommeil et des souffrances psychiques. La peur, l’anxiété, les angoisses et la tristesse peuvent mener à la dépression. Elles nécessitent un accompagnement, car la dépression et l’anxiété majorent également la perception des douleurs physiques.  

 

Crédit photo : Christophe Hargoues / Institut Curie

Emmanuelle Manck
26/08/2014