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Diagnostic des sarcomes : l’importance d’une prise en charge spécialisée

Si la grande majorité des tumeurs ne sont pas des sarcomes, consultez tout de même un médecin pour obtenir un diagnostic précis. Ne laissez pas des symptômes se prolonger ou s’aggraver sans avis médical.

Diagnostic des sarcomes : l’importance d’une prise en charge spécialisée

Sarcomes : quand consulter ?

Il est important de voir un médecin rapidement, de préférence un praticien spécialiste des sarcomes en cas d’apparition et de développement de certains symptômes.

  • Une masse profonde inexpliquée ou une lésion superficielle de plus de 5 cm de diamètre au niveau du tronc, des bras ou des jambes.
  • Toute masse abdominale de plus de 5 cm.

Sarcomes : des erreurs diagnostiques possibles

On le sait de mieux en mieux aujourd’hui : la variété et la rareté des sarcomes peuvent engendrer des difficultés d’évaluation, de la part du patient et même du médecin. Un sarcome pouvant être pris pour une tumeur bénigne, un hématome, un abcès ou une simple boule de graisse, sa bonne prise en charge peut être retardée. En cas d’erreur d’évaluation, un médecin peut aussi décider de chirurgies inadaptées, qui peuvent rendre le traitement adéquat de la tumeur plus difficile.

Sarcomes : une expertise nécessaire

Devant toute suspicion de sarcome, votre médecin doit se référer à un centre expert des sarcomes, qui assure une approche multidisciplinaire et spécialisée.

La biopsie doit être effectuée avec une technique particulière et grand soin pour éviter, si la tumeur est maligne, une contamination des zones alentour par les cellules cancéreuses. En première intention, elle est faite par voie percutanée avec une aiguille. Elle permet de faire la bonne chirurgie, c’est-à-dire en un bloc et avec du tissu sain autour de la tumeur.

  • L’analyse du prélèvement doit être réalisée par un anatomopathologiste appartenant au Réseau de référence en pathologie des sarcomes pour les tumeurs des tissus mous et des viscères (RRePS), même si un diagnostic initial a été fait ailleurs que dans un centre de référence.
  • Le traitement du sarcome doit être décidé par une équipe pluridisciplinaire (oncologue, chirurgien, radiologue…) spécialisée. Si une opération doit être pratiquée, elle doit être réalisée par un chirurgien entraîné à ce type de tumeurs. 

L’Institut Curie fait partie des centres experts nationaux pour l’analyse et la prise en charge des sarcomes. Voir la liste complète des centres français.

 

Sarcomes : un examen clinique

Le médecin peut :

  • palper la région du corps touchée et évaluer la masse et sa mobilité,
  • voir s’il existe une faiblesse d’un membre, une diminution du mouvement, un engourdissement,
  • rechercher des signes généraux, et en particulier de dénutrition dans le cas des sarcomes abdominaux,
  • rechercher d’éventuels ganglions (rares).

Sarcomes : voir par l’imagerie

Au moindre doute, un ou des examens d’imagerie sont prescrits par le médecin, selon les cas :

  • une tomodensitométrie (scanner) pour les sarcomes thoraciques ou abdominaux,
  • une IRM et une radiographie pour les sarcomes des membres,
  • une IRM pour les tumeurs de la paroi thoraco-abdominale, de la tête et du cou,
  • une échographie pour les petites tumeurs superficielles,
  • une scintigraphie pour les sarcomes osseux,

>La biopsie, indispensable en cas de suspicion de sarcome

Si l’imagerie révèle une masse suspecte, une biopsie est réalisée, soit à travers la peau, en « percutané » sous contrôle par scanner ou échographie, soit chirurgicalement. Elle permet de différencier une tumeur bénigne d’une tumeur maligne et, en cas de malignité, de préciser si c’est bien un sarcome.

 

Dans la majorité des cas une biopsie percutanée est nécessaire. Si la tumeur est superficielle et de petite taille (moins de 5 cm), elle peut être enlevée directement avec analyse. La biopsie doit être discutée dans un centre spécialisé avant tout geste chirurgical 

 

Sarcome : évaluer le grade et le stade de la tumeur

Si le prélèvement s’avère malin, la biopsie permet d’évaluer le grade. La taille et la profondeur de la tumeur sont aussi soigneusement mesurées.

  • Le grade de la tumeur est évalué selon des critères complexes (degré d’anormalité, vitesse de croissance, présence ou non de nécrose) qui rendent compte de sa gravité.
  • Le stade du cancer prend en compte à la fois le grade de la tumeur, mais aussi sa taille, son degré d’extension aux tissus voisins, l’envahissement par des cellules des ganglions alentour et la présence ou non de métastases.

Des analyses poussées du sarcome

Dans un centre de lutte contre le cancer bénéficiant d’une plateforme de biologie moléculaire, il est également possible d’analyser l’ADN de la tumeur : dans de nombreux cas de sarcomes, une anomalie chromosomique ou génétique est présente. Cette analyse permet de confirmer le type de sarcome et, dans certains cas, oriente le traitement de chimiothérapie adéquat. 

 

La découverte des altérations génétiques responsables des sarcomes d’Ewing a permis la mise au point, à l’Institut Curie dès 1994, d’un test moléculaire diagnostic de cette maladie.

 

Crédit photo : Noak / Le Bar Floréal / Institut Curie

La Rédaction
07/04/2016