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La douleur : question de définitions

"J’ai mal." Quelles significations se cachent derrière ce « cri du cœur » et quels sont les mécanismes en jeu dans cette sensation que tout le monde connaît ?

La douleur : question de définitions

Qu’est-ce que la douleur et à quoi sert-elle ?

La douleur est une sensation subjective et personnelle, donc difficile à qualifier et à quantifier.  Selon l’International Association for the Study of Pain (IASP) elle est « une expérience sensorielle ou émotionnelle désagréable, associée à une lésion tissulaire réelle ou potentielle ou décrite dans ces termes ».  Cette définition prend en compte :

  • la dimension physique, sensorielle de la douleur (ça "tape" ou "ça brûle"),
  • sa composante émotionnelle  ("c’est désagréable"),
  • la possibilité que la douleur existe sans lésion objectivable.

La plupart du temps, la douleur est un signal d’alerte permettant de prendre conscience rapidement d’une anomalie : elle aide ainsi le corps à préserver son intégrité.

Douleur nociceptive, douleur neuropathique

  • La douleur nociceptive

Cette douleur, de loin la plus fréquente, ressemble à celle que l’on éprouve lors d’une fracture ou d’une crise d’appendicite : elle correspond habituellement à l’agression ou la lésion d’un organe ou d’un tissu.  Elle active des voies nerveuses sensitives capables de reconnaître la douleur. L’influx est acheminé par les nerfs périphériques jusqu’à la moelle épinière, puis au cortex cérébral. Il est interprété en tant que douleur au niveau des zones appelées "somesthésiques" du cerveau.  

Le cerveau n’est pas passif face à la douleur. Une fois que la douleur lui est parvenue (par voie "ascendante") et que la "sonnette d’alarme" a été tirée,  le cerveau va faire l’effort de la contrôler (par voie "descendante") de différentes manières pour la limiter.  Il active les réflexes -on se frotte le genou après s’être cogné, on retire sa main d’une tasse brûlante - et sécrète des molécules antidouleur naturelles, comme des endorphines.

  • La douleur neuropathique

Cette douleur provient du système nerveux lui-même, par exemple par lésion d’un nerf ou compression de la moelle épinière. Elle s’exprime de manière souvent étrange (sensations de picotements, de brûlure, d’électricité…) et peut apparaître plusieurs jours ou semaines après le traumatisme. Alors qu’une douleur nociceptive dont la cause a disparu ou a été traitée cesse,  la douleur neuropathique est susceptible de persister.

Douleur aiguë, douleur chronique

  • La douleur aiguë apparaît la plupart du temps immédiatement après la lésion, elle peut être vive, mais elle est relativement brève et réversible.
  • La douleur chronique dure depuis plus de 3 mois et peut persister après que sa cause principale a disparu. On considère que la douleur chronique ne joue plus son rôle d’alarme "bénéfique" et qu’elle peut être néfaste à la santé. Elle s’assimile alors non plus à un symptôme mais à une maladie qui doit être traitée.

 

Crédit photo : Phovoir

Emmanuelle Manck
26/08/2014