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Hypnose, psychothérapie : quand l’esprit aide à surmonter la douleur

L’état émotionnel et psychique influe sur la perception de la douleur. Bénéficier d’un soutien psychologique et/ou de techniques psychocorporelles permet de se comprendre, de s’apaiser et, ainsi, de réduire l’impact des sensations douloureuses.

Méthodes psychocorporelles  et soutien psychologique

Tout au long de la prise en charge du patient atteint de cancer, les professionnels de santé (médecins, infirmières, assistantes sociales…) lui prodiguent quotidiennement un soutien psychologique. Il existe toutefois dans les Centres de lutte contre le cancer des spécialistes formés, les psycho-oncologues, qui se dédient spécifiquement à l’accompagnement des patients souffrant de douleurs, tant psychiques (choc de l’annonce, peur des traitements …) que physiques.

Les douleurs aiguës pendant la maladie, tout comme les douleurs séquellaires chroniques après certains traitements comme la chirurgie, peuvent bénéficier d’un accompagnement psycho-oncologique spécifique et adapté à chaque patient. Dans les deux cas, la thérapie se base sur une meilleure compréhension de l’appréhension et de la dimension psychologique et émotionnelle de la douleur par le patient. Celle-ci permet de bien mieux gérer les accès douloureux.

Parmi les méthodes employées figurent le soutien psychologique, les psychothérapies (individuelles ou de groupe) et les techniques psychocorporelles telles que la méditation, la sophrologie,  la relaxation ou l’hypnose. Après plusieurs séances, celles-ci peuvent être apprises et appliquées par le patient lui-même à domicile, selon ses besoins.

L’hypnose et l’hypno-analgésie 

L’hypnose est un état modifié de la conscience entre la veille et le sommeil qui peut être induit chez un patient par un soignant formé : il s’agit alors d’hypnose médicale. L’état d’hypnose module des zones particulières du cerveau qui réduit ses connections avec les nerfs périphériques responsables de la perception de la douleur et procure un état d’éveil, de détente et d’attention particulier. Celui-ci permet au soignant de suggérer efficacement au patient de faire abstraction de ce qui l’entoure et de porter son esprit sur certaines idées, images et sensations à vocation thérapeutique.

L’hypnose est utilisée pour réduire les perceptions douloureuses et désagréables lors des soins, lors des phases aiguës de douleur cancéreuse ou en cas de douleurs chroniques.  L’accompagnement du soignant par la parole, parfois aussi par le toucher, l’aide à se détacher de ses sensations du moment, à utiliser ses ressources pour s’isoler dans un imaginaire de sensations plus confortables que celles provoquées par les soins.  Lors des procédures invasives liées aux traitements du cancer, l’hypnose appelée peut permettre de réduire la dose de médicaments nécessaire à l’analgésie.

L'hypnosédation, qui consiste à associer l'hypnose à de faibles doses de sédatifs ou à une anesthésie locale, est utilisée comme alternative à l'anesthésie générale pour certaines interventions, notamment dans la chirurgie du sein. Après une chirurgie, l’hypnose diminue les douleurs post-opératoires et peut réduire la consommation d’antalgiques.

Des consultations médicales dédiées proposent aujourd’hui aux patients d’apprendre les techniques d’autohypnose pour gérer des douleurs chroniques: il s’agit de "rééduquer" le cerveau afin qu’il se défasse de certains réflexes gênants pour réinstaurer le bien-être physique et mental.

 

Crédit photo : Alexandre Lescure / Institut Curie

Emmanuelle Manck
26/08/2014