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L’enjeu des cellules tumorales circulantes

L’enjeu des cellules tumorales circulantes
© Noak/Le Bar Floreal/Institut Curie

Dans le cas d’un cancer où des métastases ont été diagnostiquées, l’ablation chirurgicale seule n’est plus suffisante et un traitement adjuvant (chimiothérapie, radiothérapie) s’impose. Face à l’impossibilité de détecter des métastases de petite taille (inférieures à 0,5 mm), l’efficacité des traitements, une fois le cancer plus évolué, est souvent fortement diminuée. « La recherche d’un marqueur pronostique fiable est donc l’un des enjeux de la cancérologie » explique le Pr Jean-Yves Pierga, oncologue médical à l’Institut Curie. « Détectés précocement, les patients susceptibles de développer des métastases pourront bénéficier d’un traitement adapté dans les plus brefs délais, ce qui améliorera d’autant le pronostic ».

Si le cancer a déjà essaimé (dans le cas du cancer du sein, au niveau de l’aisselle ou des ganglions auxiliaires), il existe de fortes probabilités pour que des cellules tumorales circulent ailleurs dans l’organisme. Par contre, en présence d’un cancer localisé, il est quasiment impossible de distinguer parmi les patients ceux qui présentent un risque de dissémination métastatique. « Ainsi certaines tumeurs du sein sans attaque ganglionnaire, et donc théoriquement de bon pronostic, vont évoluer au cours des dix années suivantes vers une forme métastatique chez un quart des patientes » explique Jean-Yves Pierga. Bien que certains paramètres tels que la taille de la tumeur ou le grade histologique puissent présager au sein d’une population de la présence éventuelle de métastases, ils ne permettent pas toujours de prédire au niveau individuel la progression de certains cancers.

Une valeur prédictive importante de l’évolution de la maladie

Des rechutes métastatiques sont observées alors même que la tumeur primitive est parfaitement contrôlée et que les méthodes conventionnelles de détection ne montraient pas de métastases au diagnostic. D’où l’hypothèse de l’existence d’une dissémination de cellules tumorales circulantes ne pouvant pas être repérée avec les méthodes classiques de détection alors qu’elles ont la capacité de s’implanter de façon durable et de générer des métastases. « Leur présence, dans la circulation sanguine ou dans d’autres sites anatomiques dont la moelle osseuse, au moment du diagnostic pourrait ainsi constituer un élément prédictif important de l’évolution de la maladie » souligne François Clément Bidard, oncologue médical, spécialiste des cellules tumorales circulantes à l’Institut Curie. Par ailleurs, l’observation de l’effet des chimiothérapies sur ces cellules, à partir de l’analyse d’un simple prélèvement sanguin pourrait servir à évaluer très tôt leur efficacité et ainsi les adapter en conséquence.

Pendant de nombreuses années, l’un des freins à l’étude des cellules tumorales circulantes était lié à la difficulté de les isoler pour les quantifier, voire les analyser. Cependant les techniques évoluent rapidement, on peut donc espérer disposer très rapidement d’instruments suffisamment efficaces pour pouvoir généraliser l’utilisation de ce concept en clinique.

Institut Curie
24/09/2013