Partager Partager sur facebook Partager sur twitter Partager sur google+
-A +A

imprimer la page

L’évaluation oncogériatrique

Traiter une personne âgée contre le cancer impose d’abord d’évaluer son état de santé général. Elle est réalisée en étroite collaboration avec un gériatre, pour approcher les "réserves physiologiques" capables de tolérer les traitements anti-cancéreux envisagés quels qu’ils soient : chirurgie, radiothérapie, traitements médicaux. C’est ce qu’on appelle "l’évaluation gériatrique standardisée".

© Noak / Le Bar Floréal / Institut Curie
© Noak / Le Bar Floréal / Institut Curie

L’évaluation gériatrique standardisée est multidimensionnelle. En reprenant le parcours de vie et de santé du patient âgé, le gériatre explore les domaines médical, neuropsychologique, socio environnemental et spirituel. Des outils peuvent aider à préciser les capacités et le fonctionnement des différents volets : échelles (Instrumental) Activities of Daily Living (I)ADL pour l’autonomie, Mini Mental State MMS de Folstein et épreuve de l’horloge pour les fonctions cognitives, Timed Up and Go test TUG pour la marche et l’équilibre, Mini Nutritional Assessment MNA pour la nutrition, etc. On peut utiliser des scores de comorbidités (Charlson, Cumulative Illness Rating Scale for Geriatrics CIRS-G), approchant l’espérance de vie (Index de Lee pour estimer la mortalité à 4 ans) ou encore prédisant le risque de toxicité de certains traitements comme la chimiothérapie (Chemotherapy Risk Assessment Scale for High Age patients CRASH). Au delà des échelles, tests et scores, le principe de l’évaluation gériatrique est d’appréhender au mieux le fonctionnement et les ressources de la personne, de détecter les pathologies et/ou handicaps (fonctionnel, sensoriel, cognitif), afin de hiérarchiser les problèmes de santé selon leur gravité, leur impact sur le quotidien, en respectant les priorités et choix éclairés des patients. Il s’agit d’anticiper les toxicités des traitements et de prévenir au mieux les décompensations des pathologies associées au cancer. La correction d’anomalies biologiques ou métaboliques et l’ajustement des ordonnances sont souvent nécessaires. L’évaluation gériatrique doit conduire à une réflexion partagée avec l’oncologue pour le choix du traitement du cancer et l’organisation du plan de soins. Elle établit un certain nombre de recommandations et propose différentes interventions, impliquant un suivi concerté multidisciplinaire (oncologue, gériatre, soignants, diététicien, psycho-oncologue, kinésithérapeute, etc.) pour mener à bien une prise en charge globale et adaptée.


Dr Etienne Brain

Dr Florence Rollot-Trad

Dr Godelieve Rochette 

Institut Curie
28/04/2015