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Médicaments de la douleur : choisir le mode d’administration

Comprimés à avaler, solution intraveineuse ou gaz à inhaler : à chaque type de douleur correspond une voie permettant une plus grande efficacité d’action et une meilleure tolérance de l’analgésique. 

Voies orale, locale, sous-cutanée, intraveineuse : les classiques

Les médicaments traitant les douleurs cancéreuses peuvent être administrés, selon les cas…

  • Par voie orale (par la bouche) : comprimés, gélules, gouttes… Ils sont souvent utilisés en première intention.
  • Localement : par exemple, par l’application d’un produit anesthésiant (lidocaïne) ou par un patch laissé sur la peau (fentanyl, capsaïcine). 
  • En injection sous-cutanée (sous la peau) : les médicaments agissent plus vite que par voie orale.
  • En perfusion intraveineuse (dans une veine). Elle permet une administration continue. Avec un dispositif PCA*, le patient peut lui-même régler la dose délivrée selon ses besoins.
  • En inhalation. Essentiellement utilisé pour réduire les douleurs provoquées par les soins, le mélange "moitié-moitié" d’oxygène et de protoxyde d'azote (MEOPA) est un gaz à inhaler, qui a une action analgésique, anxiolytique et amnésiante. Il agit rapidement et ses effets se dissipent en quelques minutes. Ce gaz apaise le patient et le met, alors qu’il est toujours conscient, dans un état "vaporeux"qui diminue les appréhensions et les douleurs. De plus, le patient ne garde pas de souvenirs aigus de ses soins.

En fonction du soulagement apporté, de l’évolution de la douleur et de la tolérance du patient, les médicaments et les modes d’administration peuvent changer au cours de la maladie cancéreuse.

La voie intrathécale pour les douleurs rebelles

Dans certains cas, la douleur cancéreuse résiste aux morphiniques même à doses élevées. Le médecin peut alors prescrire des médicaments tels que le fentanyl,  la kétamine ou la méthadone, mais aussi employer des techniques invasives (qui pénètrent le corps et non une simple veine) assimilées à la "Classe IV". Par voie intrathécale, le médicament est injecté directement dans la moelle épinière : cette méthode récente nécessite un appareillage et des compétences particulières de pose et de prise en charge médicale. Elle permet de diviser la dose de morphine nécessaire par 100 par rapport à l’intraveineuse et soulage la douleur de manière très efficace.

Crédit photo : Phovoir

Emmanuelle Manck
26/08/2014