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Rétinoblastome : quels sont les traitements conservateurs ?

L’objectif du traitement est de guérir l’enfant en préservant, autant que possible, l’oeil et la vision. Le choix entre les nombreux traitements disponibles dépend du type de la tumeur (unilatérale ou bilatérale, unifocale ou plurifocale), de sa localisation à l’intérieur de l’oeil (proche ou loin de la macula), de son volume, d’un envahissement à l’intérieur de l’oeil et en particulier du vitré, et de l’âge de l’enfant.

Rétinoblastome : quels sont les traitements conservateurs ?

Les traitements locaux du rétinoblastome sont de plus en plus performants et peuvent se combiner.

 

  • Cryothérapie. Cette technique est employée pour les petites lésions tumorales de moins de 3 mm. Pratiquée sous anesthésie générale, la cryothérapie consiste à détruire la tumeur en abaissant sa température jusqu’à – 60 à – 80°C. Plusieurs séances successives sont parfois nécessaires.
  • Curiethérapie par disque radioactif. Ce traitement permet de soigner les tumeurs ne dépassant pas 15 mm de diamètre. Il est aussi utilisé en cas d’envahissement localisé du vitré. Lors d’une courte intervention sous anesthésie générale, le chirurgien appose à la surface de l’oeil un petit disque en or qui contient des grains d’iode radioactif. Leur rayonnement diffuse uniquement vers l’intérieur de l’oeil, à l’endroit où se situe la tumeur et n’endommage pas les tissus à proximité.
  • Thermochimiothérapie. La thermochimiothérapie est le traitement conservateur le plus utilisé pour les tumeurs du pôle postérieur, mesurant jusqu’à 12 mm de diamètre. Il associe la chimiothérapie et le réchauffement de la tumeur par un rayon laser diode. La molécule anticancéreuse (carboplatine) est administrée par voie veineuse. Dans les deux heures suivantes environ, sous anesthésie générale, le chirurgien oriente un faisceau laser sur la lésion tumorale pendant quelques minutes à l’aide d’un microscope opératoire. La température de la tumeur augmente, avec pour effet de renforcer l’efficacité de la chimiothérapie. Deux à quatre séances sont nécessaires et permettent très souvent d’obtenir une guérison sans nécessité de recourir à un autre traitement.
  • Thermothérapie. Des traitements par laser diode seul (ou "thermothérapie") sont également possibles pour certaines petites tumeurs ou dans les suites d’une thermochimiothérapie.
  • Radiothérapie externe. En cas d’échec des précédents traitements ou dans le cas de tumeurs évoluées, volumineuses ou présentant un envahissement diffus du vitré, les médecins peuvent avoir recours à une radiothérapie externe. Chaque jour durant environ cinq semaines, l’oeil de l’enfant reçoit une irradiation indolore de quelques minutes visant à détruire les cellules tumorales. Du fait des effets secondaires observés (défaut de croissance de la zone irradiée qui reste souvent discrète, séquelles endocrines exceptionnelles, surtout augmentation du risque de sarcome secondaire en territoire irradié) en font restreindre actuellement l’utilisation.
  • Chimiothérapie. Une phase initiale de chimiothérapie est parfois utile pour rendre les tumeurs accessibles aux différentes techniques disponibles de traitements conservateurs. Les doses cumulées de ces agents de chimiothérapie, utilisés seuls ou en association avec le laser, doivent toujours être le plus faibles possibles car les médicaments sont mutagènes et pourraient également majorer le risque spontané de tumeur secondaire. De plus, la chimiothérapie par carboplatine nécessite un suivi régulier de l’audition en raison d’un risque de toxicité auditive.
  • Chimiothérapie par voie intra-artérielle. Dans certains cas particuliers, la chimiothérapie peut être administrée directement dans l’artère qui irrigue l’oeil. Ce geste est réalisé dans un service de radiologie interventionnelle, sous anesthésie générale.
  • Chimiothérapie intra-oculaire ou péri-oculaire. Dans quelques cas particuliers, le traitement pourra éventuellement faire appel à l’administration d’une chimiothérapie directement autour de l’oeil (injection péri oculaire) ou dans le globe oculaire (injection intra vitréenne). Ces modes d’administration sont des techniques en cours de validation.
Mathilde Regnault
10/06/2014