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Traitements médicamenteux du cancer de la prostate : les progrès en marche

En hormonothérapie et en chimiothérapie, les essais cliniques se multiplient, notamment pour tester leur action dans des stades plus précoces de la maladie.

"L’acétate d’abiratérone, uniquement utilisé dans les cancers résistants à la castration et métastasiques, est aujourd’hui employé avant même la chimiothérapie", explique le Dr Philippe Beuzeboc, oncologue médical à l’Institut Curie. Lorsqu’elle se trouve en privation hormonale et qu’elle ne peut pas utiliser la testostérone périphérique déjà effondrée, la cellule tumorale capte d’autres substances comme le cholestérol, la progestérone et des androgènes d’origine surrénalienne pour réaliser elle-même une synthèse de testostérone. Ainsi, elle assure sa prolifération. "L’acétate d’abiratérone bloque le processus enzymatique impliqué dans cette synthèse. Il est aujourd’hui testé dans des stades plus précoces du cancer de la prostate dans le cadre d’essais thérapeutiques français, notamment dans le cas des métastases d’emblée (7% des cas) et de tumeurs localement avancées avant prostatectomie totale."

L’enzalutamide, comme d’autres inhibiteurs des récepteurs aux androgènes, fait également l’objet de tests aux premiers résultats encourageants à des stades localisés. Trois inhibiteurs des récepteurs aux androgènes, l’enzalutamide et de nouvelles molécules appelées ARN 509 et ODM 201, sont aussi testés actuellement dans des phases plus précoces de la maladie : "Ces études évaluent leur place dans le traitement de patients dont la PSA monte malgré un traitement hormonal classique mais qui n’ont pas de métastases, explique le Dr Beuzeboc. A terme, l’utilisation de ces médicaments va encore améliorer la qualité de vie et la survie obtenues par les traitements actuels." 

En chimiothérapie, la tolérance des traitements par docétaxel et par cabazitaxel, l’un avant l’autre ou l’un après l’autre, est actuellement comparée : "Elle est évaluée d’un point de vue médical et par les patients eux-mêmes en termes de confort et de qualité de vie, ce qui nous permettra de mieux choisir le médicament le plus adapté au patient", ajoute le Dr Beuzeboc.

De nouvelles solutions contre les complications osseuses

Des avancées sont également en cours pour les atteintes de l’os pouvant se produire dans les stades avancés de la maladie : "Deux molécules importantes nous permettent d’avoir une autre option que les biphosphonates utilisés auparavant, explique le Dr Beuzéboc. Le désonumab retarde la survenue d’éventuelles complications osseuses graves et en diminue l’incidence, notamment en cas de survie prolongée." Ce médicament est entré en pratique courante en cas de métastases osseuses évolutives. Le radium 223, l’alpharidin, vient d’être agréé et n’est pas encore disponible dans tous les centres de lutte contre le cancer. Cette molécule a une action "calcium-like"sitôt qu’on l’injecte en intraveineuse. "Administrée une fois par mois pendant 6 mois, elle entraîne une meilleure survie globale et retarde les accidents osseux." 

 

Crédit photo : Noak / Le Bar Floréal / Institut Curie

Institut Curie
16/06/2015