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Trois questions… Au Dr Catherine Daniel

Le Dr Catherine Daniel est pneumo-oncologue à l’Institut Curie. Elle fait le point sur les progrès des traitements du cancer du poumon.

Trois questions… Au Dr Catherine Daniel

Qu’est-ce qui fait la sévérité des cancers du poumon ?

La survie à cinq ans est inférieure à 15 % du fait essentiellement d’un diagnostic tardif, à un stade localement avancé ou métastatique. Les symptômes ne sont pas spécifiques et apparaissent à un stade souvent avancé.

Y a-t-il eu des progrès récents ?

Le traitement des cancers bronchiques non à petites cellules métastatiques s’est considérablement modifié durant les cinq dernières années avec une évolution vers la personnalisation croissante des traitements.

La première étape de cette personnalisation du traitement a été fondée sur l’histologie avec la subdivision entre carcinomes épidermoïdes et carcinome non-épidermoïdes.

Les progrès les plus spectaculaires sont venus de l’identification d’altérations de l’ADN qui permettent de proposer des traitements inhibant de manière spécifique ces anomalies moléculaires. Cependant, cette approche thérapeutique ne concerne en pratique aujourd’hui qu’une minorité de patients souvent peu exposés au tabagisme.

Une fois le diagnostic histologique établi et en cas de CBPNC non épidermoïde, le profil moléculaire de la tumeur sera réalisé sur l’une des plateformes de biologie moléculaire labellisée par l’INCa. L’Institut Curie dispose d’une telle plateforme.  Pour tout cancer bronchique non à petites cellules non épidermoïde localement avancé ou métastatique, du matériel tumoral est envoyé par le pathologiste à la plateforme de génétique moléculaire pour la recherche de mutation au niveau des gènes EGFR, KRAS, BRAF, HER2 et la recherche d’un réarrangement au niveau du gène ALK. Si une anomalie moléculaire est identifiée, le patient se verra proposer un traitement ciblant cette anomalie moléculaire. L’Institut Curie participe à des essais cliniques visant à rechercher d’autres anomalies moléculaires et testant des nouveaux traitements ciblant ces anomalies moléculaires.

D’autres traitements personnalisés sont à l’étude ?

Les progrès viendront d’abord de nouvelles stratégies fondées sur une meilleure utilisation des moyens thérapeutiques existants, notamment en termes de séquences thérapeutiques. Mais suivront aussi le développement d’une nouvelle génération de traitements ciblés, et la mise en évidence de nouvelles voies thérapeutiques à cibler ou à moduler avec, par exemple, l’émergence de l’immunothérapie, qui vise à aider le système de défense de l’organisme à lutter lui-même contre le cancer.

 

Crédit photo : Benoît Rajau/Institut Curie

Mathilde Regnault
08/04/2014