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Un vaccin contre le cancer, c'est possible ?

Plusieurs approches de vaccination se développent : elles consistent à orienter les défenses immunitaires contre les cellules tumorales. L’explication en vidéo avec le Dr Vassili Soumelis, immunologiste à l'Institut Curie. 

Un vaccin contre le cancer, c'est possible ?

 

 

 

 

 

Quelques exemples de candidats vaccins

Le principe de l’immunothérapie consiste à détruire de manière spécifique les cellules cancéreuses d’un patient en utilisant ses propres défenses immunitaires. Ces traitements visent à obtenir une réaction ciblée, autonome et au long cours.

L’immunothérapie a été classé en 2013 par la prestigieuse revue Science numéro 1 des avancées scientifiques.

La raison : en 2013, les succès obtenus par des essais cliniques avec des patients atteints de mélanome de la peau, de cancer de poumon et du rein ont levé les derniers doutes existant encore sur cette voie thérapeutique.

Pour aller encore plus loin

Plusieurs techniques d'immunothérapie permettent d'apprendre à l'organisme à s'attaquer aux tumeurs cancéreuses. Elles consistent à agir au niveau de différents acteurs du système immunitaire.

- Sur l’antigène. Cette substance est caractéristique d’un type de cellule. Elle est capable d’induire une réaction immune contre celle-ci, par la production d’anticorps par les lymphocytes B (réponse humorale) ou les lymphocytes T (réponse cellulaire) qui réagissent spécifiquement avec elle. C’est en général une protéine ou un fragment de protéine. Le principe du vaccin repose sur l’injection d’une copie synthétique de l’antigène tumoral, souvent un fragment de protéine, éventuellement "dopé" par une molécule dite adjuvante (un mini-gène qui fait fabriquer le fragment protéique par le patient lui-même).

- Sur les cellules dendritiques. Patrouilleuses de l’organisme, elles indiquent à notre système immunitaire comment reconnaître les ennemis à combattre.  Le principe du vaccin serait d’injecter des cellules dendritiques différenciées à partir de cellules sanguines, matures et chargées en antigènes tumoraux pour stimuler le système immunitaire.

- Sur les exosomes. Ces petites vésicules de 30 à 100 millionièmes de millimètre de diamètre sont sécrétées les cellules dendritiques. Véritables concentrés d’antigènes tumoraux, les exosomes les transféreront dans les ganglions à des cellules dendritiques du patient amplifiant ses capacités

de défense.

D’autres approches se concentrent sur des récepteurs, capables de désactiver les freins qui empêchent les lymphocytes de s'attaquer aux tumeurs. C’est notamment le cas des anti-PD1.

Si de premiers essais cliniques concluants ont d’ores et déjà eu lieu, le développement de l’immunothérapie nécessite encore de nombreuses recherches pour que ces nouvelles approches deviennent une valeur sûre dans la lutte contre les cancers.

 

Texte : Céline Giustranti

Crédit vidéo : ONHK / Steve Murez

Mathilde Regnault
10/04/2014