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“Ils changent le monde”: l'interview d'Isabelle Fromantin

Du lit des patients au laboratoire de recherche, le parcours d’Isabelle Fromantin se caractérise par son originalité et sa cohérence. Cette infirmière spécialisée dans les plaies et cicatrisations a voulu comprendre pourquoi une plaie devient chronique et trouver des solutions pour les femmes atteintes de cancer du sein qu’elle prend en charge au quotidien.  Découvrez son portrait dans l’émission “Ils changent le monde” sur France Inter.

“Ils changent le monde”: l'interview d'Isabelle Fromantin

 

 

 

 

 

"Ils changent le monde" - Emission du 14  août - Invitée : Isabelle Fromantin

 

Ce qui semble guider Isabelle Fromantin dans ce parcours atypique, c’est l’empathie : « Je crois très fort en l’humain et ce sentiment pousse mes actions », confie-t-elle. Poussée des son plus jeune âge par ses parents à se tourner vers les autres, elle débute sa carrière d’infirmière par un poste en Afrique, au Togo. « Une experience qui remet en place », se souvient-elle.


Les conséquences psychologiques et sociales de la maladie, en particulier des plaies, attirent son attention. Ces dernières, en plus de leur aspect répulsif, peuvent être malodorantes. « Dans nos societes occidentales, c’est plus le regard des autres qui est problématique. Il peut conduire à l’isolement social ou conjugal. En Afrique, une femme peut être répudiée si elle présente de telles plaies. »


La pasionaria des causes difficiles
Pour comprendre la chronicisation de ces plaies, Isabelle Fromantin se lance alors dans une thèse en sciences fondamentales. Une première pour une infirmière ! « C’est un signal fort pour le développement de la recherche en soins infirmiers et une fierté pour l’Institut Curie », souligne le Pr Pierre Teillac, directeur de l’Ensemble Hospitalier de l’Institut Curie.


Au cours de sa thèse, elle commence ainsi à travailler avec des chimistes pour explorer un aspect inattendu des bactéries peuplant les plaies chroniques : les composés organiques volatils qu’elles émettent. Pourquoi une plaie est‐elle malodorante ? Qu’évoquent ces odeurs chez l’entourage du patient ? Elle met alors en place une enquête de perception sensorielle pour le comprendre.


Alors qu’elle a soutenu sa thèse le 10 décembre 2012, Isabelle Fromantin est déjà sur d’autres projets. Elle envisage de developper des produits atténuant les odeurs et de continuer à travailler sur la perception et les conséquences des plaies. Pour ce faire, elle a réuni des chercheurs et cliniciens de différentes spécialités. « J’aime le mélange des genres. » Une démarche de recherche que d’autres infirmières ne tarderont pas à suivre, espère‐t‐elle. « Désormais la formation d’infirmière s’inscrit dans un parcours universitaire, ce qui devrait faciliter l’orientation vers la recherche », souligne‐t‐elle.


Et les patients dans tout ça ? « Je leur suis désormais utile sur un autre plan et à un plus grand nombre », estime la vice-présidente de la Société française et francophone des plaies de cicatrisation. Elle milite, par exemple, pour le remboursement des pansements.

Voir le portrait d’Isabelle Fromantin en vidéo

19/08/2013