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Rencontres en terre (in)connue

Des collégiens dans un laboratoire de recherche ou un jeu de questions-réponses détonant avec les chercheurs
Rencontres en terre (in)connue

Tenter d’expliquer le processus d’activation du système immunitaire à un groupe de pré-adolescents… compliqué. Les convaincre que cela peut permettre au corps humain d’éliminer les cellules cancéreuses… tout un programme ! Mais pas dans le sens que l’on imaginerait. Ana Maria Lennon, chef d’équipe au Centre de Recherche, qui recevait des 6e du collège George Sand à Paris mercredi 14 décembre - les plus curieux selon leur professeure de sciences - pour une découverte du monde de la recherche, confesse : « parfois ils me "collent" ».

Dans la pénombre d’une salle de microscopes ou de conférences, des éclairs (de génie ?) fusent. Les cellules se déplacent, boivent et mangent. « Mais comment ça se fait qu’elles ne grandissent pas » s’étonne l’un d’entre eux.
Le système immunitaire doit être capable de distinguer entre le soi et le non-soi. Quel est le problème avec le cancer ? « Les cellules ne le détectent pas tout de suite. Parce qu’au début ce n’est pas trop grave ». Presque, parce que ce sont nos cellules. « C’est une maladie auto-immune alors ? » Oui, plutôt une réaction auto-immune qui n’a pas lieue…. « Mais alors cela veut dire qu’on a tous un cancer ! ». Toutes les cellules peuvent potentiellement devenir cancéreuse. « Et est-ce qu’un unicellulaire peut avoir un cancer ? ». Nous essayons, à l’Institut Curie, de faire croire au système immunitaire que les cellules du cancer ne sont pas les nôtres. « Bah on clone une cellule et on lui enlève ses propriétés de faire un cancer ».

Après les explications, place à l’action. L’isolation de l’ADN de banane s’annonce comme une joyeuse pagaille avant que les chercheurs n’avertissent des dangers potentiels. Réaction immédiate : « Oui parce qu’avec les scientifiques, on ne sait jamais ! ». L’apparition de la méduse d’ADN révèle d’autres questionnements ancrés dans l’imaginaire collectif : « On a crée de l’ADN ! On l’a mutagéné ! ». « Leur permettre de visualiser ce qu’il se cache derrière les concepts enseignés va changer leur manière d’apprendre » assure leur professeure.

Et plus tard, la biologie vous intéresserait-elle ? « Moi plein de choses m’intéressent. Non moi c’est la physique-chimie. Oui moi aussi la chimie ! ». La relève semble assurée…

02/01/2012