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Le cancer chez les personnes âgées

Les cancers sont plus fréquents chez les personnes âgées que chez les plus jeunes. S’ils sont mal pris en charge, ils peuvent évoluer de manière importante. Il est crucial de prendre en compte les autres problèmes de santé liés au vieillissement, de façon concertée entre cancérologues et gériatres : c’est l’oncogériatrie.

© Noak / Le Bar Floréal / Institut Curie
© Noak / Le Bar Floréal / Institut Curie

 

Le cancer chez le sujet âgé

Il n’y a pas d’âge officiel à partir duquel on parle de « personne âgée », mais le curseur est souvent placé à 70-75 ans en cancérologie. Contrairement aux idées reçues, la fréquence des cancers est généralement plus élevée chez le sujet âgé, avec un risque évolutif parfois important. L’espérance de vie croissante « donne du temps » au cancer pour apparaître, alors que le vieillissement amoindrit les défenses contre le développement tumoral. Avec l’âge, d’autres problèmes de santé surgissent. Ces « co-morbidités » peuvent compliquer la prise en charge du cancer : l’application des traitements standards n’est pas toujours possible et exige de nombreuses nuances. Il faut donc s’armer d’une évaluation plus complète de l’état de santé, réalisée en étroite collaboration avec un gériatre, pour approcher les « réserves physiologiques » capables de tolérer les traitements anti-cancéreux envisagés quels qu’ils soient : chirurgie, radiothérapie, traitements médicaux. C’est ce qu’on appelle « l’évaluation gériatrique standardisée », tout aussi capitale que l’analyse précise de la tumeur jusqu’à son génome pour aboutir à une prise en charge globale personnalisée. Elle n’est pas systématiquement nécessaire mais se pratique plutôt en cas de fragilité dépistée, particulièrement quand les traitements envisagés sont à risque d’effets secondaires importants (chimiothérapie, chirurgie lourde). Elle identifie les problèmes de santé dont la prise en compte préalable est indispensable. C’est le rationnel de « l’oncogériatrie ».

► Lire notre dossier sur l’oncogériatrie et l’évaluation gériatrique

La prise en charge à l’Institut Curie

A l’Institut Curie, la population de plus de 70 ans (dont 60% ont plus de 75 ans) représente 25% à 30% de la file active des patients.

L’Institut Curie est co-responsable, avec l’Hôpital Européen Georges Pompidou, d’une des 5 Unités de coordination en oncogériatrie (UCOG) en région parisienne. Il a participé au déploiement de l’outil de dépistage de fragilité G8, validé par le programme Oncodage de l’INCa et dont il recommande l’utilisation au début de la prise en charge de toute personne âgée de plus de 75 ans. Le questionnaire peut être renseigné par le cancérologue ou l’infirmière de consultation. Il exige un avis gériatrique plus détaillé en consultation spécifique d’oncogériatrie si son résultat est inférieur ou égal à 14, afin de rechercher les possibles fragilités liées au vieillissement.

  • Selon les fragilités détectées, différentes interventions gériatriques sont mises en place : kinésithérapie, soutien nutritionnel, mesures psychosociales, etc. On anticipe les difficultés potentielles ou les risques de décompensation par des mesures d’accompagnement sélectionnées, préparant le bon déroulement du traitement du cancer.
  • En réunion de concertation pluridisciplinaire, le G8 est pris en compte. S’il est absent du dossier, un avis accéléré complémentaire est sollicité avant de finaliser la stratégie.
  • Le traitement oncologique débuté, les interventions gériatriques instaurées sont suivies par le gériatre, le personnel soignant dédié, en coordination avec l’oncologue référent. Le bénéfice recherché est régulièrement ré-évalué.
  • Les adaptations sont fréquentes : radiothérapie hypofractionnée réduisant le nombre de séances et de déplacements, chimiothérapie à doses moindres, moins prolongée ou avec des médicaments différents, prévention de la toxicité hématologique plus fréquente, etc.
  • A l’Institut Curie, cette compétence transversale « gériatrique » complétant la stratégie « oncologique » est intégrée au Département interdisciplinaire de soins de support aux patients en onco-hématologie. Elle est exercée par un gériatre sur chaque site hospitalier, avec des consultations d’évaluation gériatrique, des journées d’hôpital de jour spécifiques, des avis en hospitalisation (question aiguë, suivi post opératoire, etc.), et une participation aux réunions de concertation pluridisciplinaire pour permettre une sensibilisation quotidienne des oncologues.

La recherche

La recherche clinique en oncogériatrie n’est pas seulement « différente » de celle menée chez les sujets plus jeunes, elle est aussi nécessaire. Elle vise à compenser le déficit constant de programmes de recherche accessibles à la population âgée. Elle est largement soutenue par l’INCa, le Plan cancer et, à l’international, par la Société internationale d’oncogériatrie (SIOG).

A l’Institut Curie, elle repose beaucoup sur la participation au groupe Unicancer de recherche clinique en oncogériatrie GERICO et à l’intergroupe GERICO/UCOG, labellisé par l’INCa en 2014. GERICO développe des méthodes de recherche adaptées à l’âge, centrées prioritairement sur la protection du capital fonctionnel et de l’autonomie, sur la qualité de vie mais aussi sur l’accès à l’innovation, aux traitements modernes moins toxiques et sur la désescalade. Par exemple l’Institut Curie est le premier centre recruteur pour le programme ASTER 70s (GERICO 11) explorant le bénéfice de la chimiothérapie post-opératoire du cancer du sein après 70 ans, en fonction d’une analyse plus fine des gènes liés au grade tumoral.

 

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24/06/2015