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Les cancers gynécologiques

Cancers de l’endomètre, du col de l’utérus et de l’ovaire ou des trompes : ces trois principales localisations de cancers de l’appareil génital féminin touchent près de 15000 nouvelles femmes chaque année en France. Sans compter les cas plus rares de cancers de la vulve et du vagin. L’ensemble de ces pathologies cancéreuses est pris en charge à l’Institut Curie, dans des parcours de soins et avec des stratégies thérapeutiques adaptées.

© Noak / Le Bar Floréal / Institut Curie
© Noak / Le Bar Floréal / Institut Curie

 

Que sont les cancers gynécologiques ?

Cancer de l’endomètre
Le plus fréquent est le cancer de l’endomètre, le corps de l’utérus (par opposition au col). On a compté 7300 nouveaux cas en 2012, dernier chiffre officiel de l’Institut national du cancer (Inca). Il touche les femmes le plus souvent entre 60 et 70 ans, avec un pic d’incidence à 68 ans. Il est favorisé par l’obésité, le diabète et un taux d’œstrogènes supérieur à la moyenne (hyperœstrogénie relative). Il existe une forme familiale dans 6 % de cas, ce qu’on appelle un syndrome de Lynch et qui associe aussi un risque de cancer du colon, de l’ovaire et des voies biliaires et urinaires. C’est un cancer de bon pronostic à un stade localisé et la mortalité liée à ce cancer tend à diminuer ces dernières années. Son traitement consiste en une chirurgie associée ou non à une radiothérapie selon le stade et une chimiothérapie pour les formes avancées.

Cancer de l’ovaire
Le cancer de l’ovaire a atteint 4600 femmes en 2012, à un âge médian de 65 ans. Il existe un risque génétique : 5 % à 10 % des patientes atteintes d’un cancer de l’ovaire sont porteuses de mutations des gènes BRCA 1 ou 2. Dans ce cas, la maladie peut apparaître plus tôt, vers 50 ans. Ces femmes prédisposées génétiquement pourront être suivies afin de détecter au plus tôt une lésion. Une ablation préventive des ovaires et des trompes peut également leur être proposée.

Cette maladie est souvent diagnostiquée tardivement, à un stade avancé, car elle est « silencieuse » ou se manifeste par des symptômes peu spécifiques : douleurs, saignements, troubles du transit et pesanteur dans le bas-ventre. Elle peut être révélée par un examen d’imagerie et par le dosage d’un marqueur appelé CA 125 dans le sang, qui permet de suivre l’évolution de la maladie. Lorsque la maladie est peu étendue, le traitement consistera en une chirurgie retirant ovaires, utérus, différentes chaînes ganglionnaires et toute autre lésion visible. Cette chirurgie est suivie dans la grande majorité des cas d’une chimiothérapie. Si le cancer est disséminé, on pratiquera d’abord une chimiothérapie, pour réduire la taille et le nombre de lésions, elle sera suivie d’une chirurgie pour retirer toutes les lésions.

► Lire le dossier pédagogique Cancer de l'ovaire


Cancer du col de l’utérus

3 000 femmes se voient diagnostiquer un cancer du col de l’utérus chaque année. Mais sa fréquence est en diminution constante depuis 20 ans, grâce à un dépistage régulier par frottis, qui permet de détecter des lésions précancéreuses. Dans 95 % des cas, le cancer du col utérin, résultant de ces lésions précancéreuses, est causé par une infection par un papillomavirus (HPV) transmise sexuellement 15 à 20 ans plus tôt. C’est pourquoi on propose désormais aux jeunes filles une vaccination contre ce virus entre 11 et 14 ans. Un rattrapage est possible jusqu’à 19 ans.

Ce cancer reste associé à une mortalité importante : 1100 décès en 2012. Pourtant, les lésions précancéreuses peuvent être prises en charge avant qu’elles ne deviennent cancéreuses. On peut pratiquer une « conisation » : on enlève un cône du col portant les lésions. Lorsque le cancer est avéré, mais peu avancé, le traitement consistera en une chirurgie enlevant l’utérus et les ganglions pelviens. Chez les femmes jeunes ayant un désir de grossesse et dont le cancer est peu évolué, on peut proposer un traitement préservant la fertilité. Dans les formes avancées, le traitement consistera plutôt en l’association d’une radiothérapie et d’une chimiothérapie suivie dans certains cas d’une chirurgie.
Le cancer de la vulve et du vagin représente moins de 5 % des cancers féminins. Il intervient majoritairement chez les femmes ménopausées, vers 70 ans en moyenne. Il est généralement précédé par une phase précancéreuse. Ces lésions précancéreuses sont surviennent sur une maladie de peau préexistante, le lichen scléreux, ou sont induites par le virus HPV. Détectées précocement, elles peuvent être traitées par une exérèse, ou des médicaments en cas d’infection par HPV. À un stade cancéreux, le traitement est chirurgical parfois suivi d’une radiothérapie. La survie pour ce cancer est excellente si la maladie n’a pas atteint les ganglions lymphatiques.

La prise en charge des cancers gynécologiques à l’Institut Curie

L’Institut Curie traite environ 400 cancers gynécologiques par an, ce qui en fait l’un des plus gros centres d’Île-de-France.

Depuis 2012, les patientes atteintes de cancers gynécologiques bénéficient d’un accueil dédié. Trois médecins sur le site de Saint-Cloud et autant à Paris accueillent les femmes concernées et guident leur parcours de soins. Systématiquement, un chirurgien reçoit chaque patiente et complète les informations dont il dispose par de nouveaux examens d’imagerie si nécessaire avant que la prise en charge soit discutée en réunion de concertation pluridisciplinaire.

Dans de nombreux cas, les interventions chirurgicales sont réalisées par cœlioscopie, c’est-à-dire que seule une petite incision est pratiquée dans l’abdomen pour y introduire les instruments chirurgicaux. Cette chirurgie dite mini-invasive est plus sûre. Les opérations posent moins de problèmes post-opératoires. Les patientes se rétablissent plus vite et guérissent mieux qu’avec une chirurgie « traditionnelle ».

Quand une cœlioscopie n’est pas possible, les chirurgiens et anesthésistes de l’Institut disposent aussi des compétences pour gérer des opérations lourdes qui peuvent durer jusqu’à 8h et qui nécessitent une péridurale en plus de l’anesthésie générale, ainsi qu’un monitoring cardiaque et vasculaire constant pendant l’opération. L’Institut Curie est ainsi amené à intervenir en chirurgie de recours, en cas de cancer récidivant.
Pour les cancers de la vulve, l’Institut travaille en partenariat avec des dermatologues spécialisés afin d’éviter des interventions mutilantes.

La recherche sur les cancers gynécologiques

L’étude RAIDs, coordonnée par Suzy Scholl, oncologue médicale à l’Institut Curie, est un projet à l’échelle européenne pour améliorer la prise en charge des femmes atteintes de cancers du col de l’utérus. Il comprend plusieurs essais, dont BioRAIDs, qui vise à identifier des anomalies génétiques et moléculaires qui prédisent l’évolution de la tumeur et sa réponse aux traitements, afin d’offrir à chaque patiente le traitement le plus efficace possible. ► À lire | Cancer du col de l’utérus : trouver de nouvelles pistes thérapeutiques

L’équipe de Fatima Mechta-Grigoriou, directrice de recherche Inserm à l’Institut Curie, s’intéresse quant à elle aux cancers de l’ovaire et a découvert plusieurs signatures moléculaires prédictives de l’agressivité et de la réponse au traitement de ces cancers. ► L’équipe de Fatima Mechta-Grigoriou

L’Institut Curie permet aussi un large accès à l’innovation thérapeutique en matière de cancers gynécologiques. Des protocoles d’essais cliniques sont disponibles pour les cancers de l’ovaire, comme pour ceux de l’endomètre et du col.

► Voir la liste des essais cliniques menés à l’Institut Curie

 

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Institut Curie
09/06/2015