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Les cancers urogénitaux

Les cancers urogénitaux sont variés et recouvrent des réalités très différentes. Les stratégies de prise en charge doivent être adaptées à chaque patient.

© Noak / Le Bar Floréal / Institut Curie
© Noak / Le Bar Floréal / Institut Curie

 

Que sont les cancers urogénitaux ?

Le cancer de la prostate est de loin le plus fréquent, avec près de 70 000 nouveaux cas par an en France. Il survient le plus souvent après 65 ans et peut être guéri dans 80 % des cas. Il est suspecté lors d’une augmentation du taux d’antigène spécifique prostatique (PSA) dans le sang, puis diagnostiqué par des examens complémentaires : biopsies et IRM. Ces éléments permettent aussi de préciser le stade et l’agressivité de la tumeur.

Autre cancer masculin, celui du testicule est le plus fréquent chez les adultes jeunes, entre 20 et 30 ans. Il est curable dans 96 % des cas pour les formes les plus habituelles à bon pronostic.

On compte environ 10 500 cas par an de cancer du rein. Il apparaît le plus souvent après 65 ans. Il touche deux fois plus les hommes que les femmes. Il est en général diagnostiqué de façon fortuite, révélé par un examen d’imagerie pratiqué pour une toute autre raison. Il existe des formes familiales de cancer du rein. C’est pourquoi une analyse génétique est souvent pratiquée lorsque la maladie se déclare très tôt (entre 30 et 40 ans). Si une prédisposition héréditaire est repérée, les autres membres de la famille pourront être surveillés.

Le cancer de la vessie, plus rare, est le plus souvent diagnostiqué au stade de tumeur superficielle (n’envahissant pas le muscle) et ne met pas en jeu le pronostic vital dans ce cas. En grande partie lié au tabagisme et à l’exposition à certains produits toxiques utilisés dans l’industrie, il affecte surtout les hommes, tardivement (73 ans en moyenne), mais aussi de plus en plus de femmes en raison de l’augmentation de leur tabagisme. ► En savoir plus sur le cancer de la prostate

La prise en charge à l’Institut Curie

L’hôpital de l’Institut Curie travaille en étroite collaboration avec d’autres établissements parisiens et en Île-de-France : Institut Mutualiste Montsouris à Paris, Hôpital Foch à Suresnes, hôpital Henri-Mondor de Créteil, où les chirurgiens urologues opèrent.

Le médecin référent du patient et d’autres médecins de différentes spécialités (urologie, chirurgie, radiologie, oncologie médical…) se réunissent en réunion de concertation pour discuter chaque cas et envisager les différentes options thérapeutiques possibles. Pour les cancers de la prostate en particulier, en fonction de la gravité de la maladie, de l’âge du patient et de ses propres choix, la prise en charge peut aller d’une simple surveillance active, à des traitements à visée curative comme la prostatectomie.

Dans le cas d’un traitement local, le médecin peut utiliser des techniques non chirurgicales comme la radiothérapie externe, la curiethérapie par implants de grains d’iode radioactif, l’HIFU qui consiste à détruire la tumeur à l’aide d’ultrasons ou la cryothérapie, qui utilise le froid. On n’a recours à une prostatectomie totale généralement que chez les patients de moins de 70 ans afin de diminuer le risque de séquelles urinaires. Les cancers du rein et de la vessie peuvent également bénéficier de ces techniques.

L’Institut Curie dispose d’un plateau technique de pointe pour la radiothérapie. Les techniques de radiothérapie conformationnelle notamment permettent, en ciblant très précisément la tumeur dans ses trois dimensions, d’augmenter les doses de rayons destinés à détruire le cancer, en épargnant les organes et tissus sains environnants, limitant ainsi les complications.

La recherche

L’Institut Curie est le centre précurseur en France de la curiethérapie. Une stratégie qui consiste à déposer des grains radioactifs dans l’ensemble de la prostate directement au contact du cancer. L’Institut dispose, de loin, de la plus grande expertise nationale dans ce domaine.

Les traitements médicamenteux disponibles ont également fait d’importants progrès ces dernières années. Concernant les cancers de la prostate, six nouvelles molécules thérapeutiques ont été enregistrées ces trois dernières années. Des médicaments qui font partie des nouveaux traitements dits « ciblés » s’attaquent aux caractéristiques propres aux cellules tumorales comme les nouvelles hormonothérapies telles l’acétate d’abiratérone et l’enzalutamide qui permettent de prolonger la vie de patients souffrant de cancer de la prostate métastatique. En ce qui concerne la chimiothérapie, en plus du docetaxel, est maintenant disponible le cabazitaxel dans les cancers de la prostate résistants à la castration métastatiques. Des traitements visant spécifiquement l’os comme le denosumab (un anticorps) ou le radium 223 permettent de diminuer les complications des métastases osseuses.

Les cancers du rein peuvent également bénéficier d’une dizaine de nouveaux médicaments comme les antiangiogéniques, qui empêchent la formation de nouveaux vaisseaux sanguins autour de la tumeur afin de lui « couper les vivres », ou comme les inhibiteurs de mTOR. De nouvelles immunothérapies ont aussi vu le jour et sont en expérimentation : des molécules qui aident le système immunitaire du patient à reconnaître les cellules malades, telles les inhibiteurs de PDL-1 ou de PD-1.

Les cas les plus graves de cancers du testicule peuvent par ailleurs désormais faire l’objet de chimiothérapies intensives efficaces.

Les laboratoires de l’Institut sont très mobilisés pour la recherche fondamentale de ces cancers. L’équipe de François Radvanyi, spécialisée dans les anomalies génomiques et le séquençage des tumeurs de vessie, a notamment permis d’individualiser récemment un sous-groupe particulièrement agressif de tumeurs de la vessie, qui pourrait bénéficier dans l’avenir de traitements spécifiques. Le groupe du Pr Jean-Yves Pierga poursuit ses travaux sur les cellules tumorales circulantes dans le sang, permettant de repérer les risques de récidive ou de propagation du cancer.

 

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24/06/2015