Partager Partager sur facebook Partager sur twitter Partager sur google+
-A +A

imprimer la page

Oncogériatrie : quand gériatres et cancérologue s’allient

Près d’un tiers des cancers surviennent chez des personnes de plus de 75 ans et les projections indiquent que cette proportion atteindra 50 % en 2050. La prise en charge d’une personne âgée atteinte de cancer ne peut en effet pas se limiter au seul traitement de la maladie. Pour aboutir à un traitement vraiment "personnalisé", la prise en charge doit être globale, et donc tenir compte de l’hétérogénéité du vieillissement, aussi bien que du "portrait moléculaire" du cancer.

Oncogériatrie : quand gériatres et cancérologue s’allient

Prise en charge globale

Avec le vieillissement, il existe en effet des problématiques spécifiques d’ordre médical (fragilités liées à des pathologies multiples d’incidence croissante selon l’âge), psycho-cognitif et social à prendre en compte.

Nombre de personnes âgées vivent dans l’isolement et la dépendance, avec parfois des revenus modestes, et présentent d’éventuels troubles cognitifs et démentiels. Autant de données qu’il faut connaître et intégrer dans le plan de soins.

Adapter les traitements

Tous les traitements peuvent être envisagés, dès lors qu’ils sont adaptés à l’âge et à l’état général des patients et que leur toxicité est anticipée. Par exemple, les complications tardives de la radiothérapie ont moins de risque de survenir, tandis que les transports répétés qu’elle induit peuvent poser un réel problème. La radiothérapie hypofractionnée ou partielle, limitant à la fois le risque d’effets secondaires et les déplacements de la personne malade, est une alternative à l’étude.

La chimiothérapie reste le traitement le plus compliqué à instaurer chez le sujet âgé, du fait des effets secondaires plus fréquents, mais ne doit pas être écartée par principe. Les indications doivent être adaptées à l’âge (il ne faut pas appliquer directement celles utilisées chez les plus jeunes). 

Les thérapies ciblées, généralement moins toxiques, apparaissent comme une alternative prometteuse bien que les données de développement spécifiques à la population âgée manquent encore.

La recherche clinique doit donc définir les modalités d’administration les plus adaptées à cette population. C’est notamment le cas de l’essai ASTER 70s, coordonné par le Dr Brain, de l’Institut Curie, et ouvert depuis 2012 dans plusieurs centres de lutte contre le cancer français ainsi qu’en Belgique. Il étudie le pronostic d’évolution d’un type de cancer du sein hormono-sensible chez les femmes de plus de 70 ans. D’autres études sont également en cours, comme l’évaluation de moyens permettant de diminuer l’agitation et l’angoisse des patients âgés désorientés.

La réflexion doit aussi s’étendre au diagnostic et au dépistage des cancers chez les personnes âgées car ils sont encore trop souvent diagnostiqués à un stade plus avancé que dans l’ensemble de la population. Le rôle des médecins généralistes est certainement capital sur ce point.

Assurer une bonne qualité de vie 

Pour cette population, l’enjeu n’est donc pas toujours la guérison à tout prix, mais le contrôle de la maladie. Tout doit être mis en œuvre pour que la personne âgée continue à vivre bien pendant les traitements.

 

En savoir plus

Découvrez les enjeux spécifiques de la prise en charge des personnes âgées à travers le portrait du Dr Florence Rollot-Tran, oncogériatre à l’Institut Curie

L’essai Aster 70s : 

Céline Giustranti
20/08/2014