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Chirurgie conservatrice du sein : un essai clinique pour optimiser l’irradiation partielle accélérée

Anne Coppola
19/02/2019
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Délivrer la dose de radiothérapie dans les tissus tumoraux dans un temps court, tout en préservant les tissus sains, tel est l’objectif de l’irradiation partielle accélérée. L’équipe du Pr Philip Poortmans a obtenu un PHRC-K pour financer un essai clinique pour améliorer cette technique prometteuse.
Philip Poortmans

Philip Poortmans

Philip Poortmans : « PAPBI-2: Irradiation mammaire partielle accélérée pré- versus postopératoire chez des patientes atteintes de cancer du sein de stade précoce »

Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez les femmes. Grâce aux progrès liés au diagnostic précoce et à l’amélioration des traitements, le taux de mortalité a beaucoup diminué. Le nouvel enjeu aujourd’hui est donc d’aller vers une désescalade thérapeutique, avec des soins aussi efficaces mais moins lourds pour préserver la qualité de vie des femmes. Le traitement privilégié du cancer du sein au stade précoce est la thérapie conservatrice du sein. En effet, ce traitement, qui allie une tumorectomie et une irradiation du sein entier, offre une efficacité au moins équivalente, en général même meilleure, à la mastectomie et une meilleure qualité de vie. Il est parfois suivi, chez les patientes à haut risque, d’une irradiation supplémentaire ciblée au niveau du lit tumoral primaire (boost) afin de limiter encore plus le risque de rechute locale. Mais les patientes avec un faible risque de rechute n’ont pas besoin d’être irradiées sur le sein en entier. Aussi, une autre méthode, l’irradiation partielle accélérée, consiste à irradier le sein partiellement, donc avec une dose similaire sur un volume cible plus petit en beaucoup moins de temps (1 semaine au lieu des 3 à 7 semaines habituelles). En somme, il s’agit d’irradier de manière plus ciblée : moins mais mieux.

Grâce au financement du ministère de la Santé, obtenu dans le cadre du PHRC-K 2018, l’équipe du Pr Philip Poortmans (chef du Département d’Oncologie Radiothérapie, Institut Curie et professeur de la chaire radiothérapie à PSL) va participer à un essai randomisé mené pour la première fois chez des patientes à bas risque. L’objectif ? Comparer l’irradiation partielle pré- vs. post-opératoire, via une analyse des résultats esthétiques et des effets secondaires tardifs. Aujourd’hui, l’irradiation partielle accélérée se fait de manière plus répandue en post-opératoire, mais, elle est contestée en raison de l’incertitude due à la localisation et suivant cela, à la taille du volume cible à traiter, surtout lorsqu’elle suit une chirurgie oncoplastique complexe, ce qui est de plus en plus le cas. C’est pourquoi, l’irradiation partielle accélérée en pré-opératoire, qui permet de cibler un volume précis, est une technique prometteuse, justifiée par de bons premiers résultats. Elle permet en outre d’obtenir de meilleurs résultats esthétiques dans une population de patients atteints de cancer du sein à faible risque. Il s'agit cependant d'une approche qui n'est pas largement testée. Ce projet de recherche européen, mené avec plusieurs centres de recherche en France, sous la coordination de l’Institut Curie, permettra également d'approfondir les recherches basées sur l'analyse comparative des tissus avant et après le traitement.

 

Qu’est-ce que le PHRC-K ?

Chaque année, depuis 1993, la direction générale de l’offre de soins (DGOS) lance un appel à projets national de recherche permettant aux équipes hospitalières de déposer des dossiers en vue d’obtenir un important financement pour mener un programme de recherche clinique en cancérologie (PHRC-K), en recherche interventionnelle en santé des populations (RISP) ou en recherche translationnelle (PRT-K). La sélection des dossiers est organisée par la DGOS, sur proposition de l’Institut national du cancer (INCa). Le Programme hospitalier de recherche clinique en cancérologie (PHRC-K) finance des projets de recherche dont les résultats doivent directement permettre une modification de la prise en charge des patients. Ces recherches sont indispensables pour mieux comprendre, diagnostiquer et traiter les maladies.