Actualité - Immunothérapie

Journée mondiale sans tabac : le point sur la prévention et les traitements

Mathilde Regnault
31/05/2016
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Le 31 mai marque traditionnellement la Journée mondiale sans tabac. L’occasion de faire le point sur les dernières avancées, en termes de prévention mais aussi de traitement du cancer du poumon, dont 80% des cas sont directement liés au tabagisme.
Paquet neutre

Chaque année, en France, quelque 47000 personnes meurent d’un cancer directement lié au tabagisme. Outre le cancer du poumon, dont 80% des cas sont dus à la cigarette, le tabac joue également un rôle dans 70% des cancers des voies aéro-digestives supérieures et dans la moitié des cancers de la vessie. Il est également suspecté de jouer un rôle dans beaucoup de cancers : sein, côlon-rectum, foie, pancréas, col de l’utérus, ovaire et même certaines leucémies. Au total, le tabac augmente le risque pour 17 types de cancer (1) (3). Sans compter qu’il favorise la survenue de nombreuses autres maladies, cardiovasculaires notamment. L’OMS estime ainsi qu’un fumeur sur deux mourra d’une maladie due au tabac.

Pour tenter d’enrayer cette épidémie mondiale (un milliard de personnes fument de par le monde), de nombreuses politiques de santé publique ont été mises en place. 2016 marque l’avènement du paquet de cigarette neutre, notamment en France. En effet, depuis le 20 mai, les paquets neutres, c’est-à-dire de couleur standardisée, avec une place accrue aux images dissuasives, remplace progressivement les paquets aux couleurs de la marque. Objectif : dès le 1er janvier 2017, plus aucun paquet non-neutre ne pourra être commercialisé en France. Cette mesure, instaurée en Australie en 2012, puis dans d’autres pays occidentaux, semble y avoir porté ses fruits, selon une soixantaine d’études répertoriées par les autorités sanitaires (2) : dans les pays où le paquet neutre a été instauré, le nombre de fumeurs en sevrage tabagique a augmenté tandis que le nombre de nouveaux fumeurs tend à diminuer.

L'espoir de l'immunothérapie

Autre espoir du côté des traitements. Aujourd’hui, le cancer du poumon est l’un des plus meurtriers : le taux de survie à 5 ans est  d’environ 14% (3). Un chiffre très sombre, lié notamment au diagnostic tardif de beaucoup de cas de cancer du poumon. Mais un nouveau traitement d’immunothérapie vient de faire l’objet d’une procédure prioritaire pour la mise sur le marché américain, grâce aux très bons résultats des premiers essais cliniques. L’atezolizumab, développé par le laboratoire Roche, bloque la protéine PD-L1, présente à la surface de certaines cellules cancéreuses. Le traitement permet ainsi de "déverouiller" le système immunitaire que les PD-L1 étaient parvenues à bloquer : il peut à nouveau se défendre contre les cellules cancéreuses et les détruire. L’atezolizumab devrait être officiellement autorisé sur le marché américain avant la fin de l’année. En mars 2015, un autre traitement d’immunothérapie, le nivolumab (un anti-PD1), avait déjà fait l’objet d’une mise sur le marché accélérée pour les mêmes raisons.

Côté dépistage, l’équipe du Pr Hofman, au CHU de Nice, a lancé récemment le Projet Air (4). Objectif : déterminer si l’association d’un scanner à faible dose associé à une analyse de sang (à la recherche de cellules tumorales circulantes) permet de détecter efficacement et précocement les cancers du poumon chez les personnes à risque. Les premiers résultats sont attendus pour 2019.

 

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