Actualité - Interdisciplinarité

Explorer les conséquences de la fibrose radio-induite

Valérie Devillaine
15/01/2018
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La radiothérapie, bien que salvatrice, induit parfois des cancers secondaires. L’équipe de Danijela Vignjevic s’est associée aux docteurs Pascale Mariani et Wulfran Cacheux de l’hôpital Curie pour examiner cette question scientifique et médicale sous toutes ses facettes.
 Traitement par radiothérapie conformationnelle 3D avec modulation d'intensité

Séance de radiothérapie conformationnelle avec modulation d'intensité. Le masque assure un positionnement identique d'une séance à l'autre.

La radiothérapie est un traitement habituel des cancers rectaux et anaux, pour réduire la taille de la tumeur avant de la retirer chirurgicalement ou éviter des chirurgies mutilantes. Mais les rayons ont le défaut de provoquer une fibrose des tissus. Des années après le traitement et la guérison, cette fibrose peut causer une rechute du cancer ou le développement de métastases chez 20 à 30 % des patients. Comprendre comment cette fibrose est initiée et comment elle peut induire des tumeurs secondaires constitue donc un enjeu majeur. C’est pourquoi Danijela Vignjevic et ses collègues ont monté un vaste projet visant à étudier l’ensemble de ces mécanismes, avec le soutien d’un PIC3i, programme pluridisciplinaire innovant de l’Institut Curie pour le mener à bien. Ce projet consiste en plusieurs approches :

  • collecter des échantillons de tumeurs avant et après un traitement par radiothérapie chez les mêmes patients afin d’analyser les différences phénotypiques (d’apparence) et protéomiques (protéines présentes) ;
  • étudier l’effet des rayons sur des fibroblastes cultivés sur des supports en deux ou trois dimensions ;
  • dresser le profil des protéines dans les cellules tumorales avant et après traitement ;
  • greffer chez l’animal des cellules cancéreuses humaines pour examiner les conditions de l’apparition de cancers secondaires ;
  • procéder à des marquages de protéines d’intérêt, suivis d’observation au microscope pour une étude plus ciblée (’autres techniques seront mises en œuvre pour circonscrire cette question scientifique).
  • Si les moyens le permettent, Danijela Vignjevic aimerait également pouvoir procéder au séquençage de ces cellules tumorales.

Une telle étude requière la contribution de nombreux acteurs, à commencer par les patients. L’aval du Comité de protection des patients a été obtenu, ce qui va permettre le commencement de cette étude. Désormais, les chercheurs s’attèlent à recruter les dix patients autorisés dans l’étude et à recueillir également 300 échantillons de biopsies déjà disponibles dans la tumorothèque de l’Institut.